Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:24
Le petit train

S'en va dans la campagne

Va et vient

Poursuit son chemin

Serpentin

De bois et de feraille

Rouille et vert de gris

Sous la pluie

 

Il est beau

Quand le soleil l'enflamme

Au couchant

à travers champs

 

Les chapeaux

Des paysannes

Ondulent sous le vent

Elles rient

Parfois jusqu'aux larmes

En rêvant à leurs amants

 

L'avoine est déjà germée

As-tu rentré le blé?

Cette année les vaches ont fait

Des hectolitres de lait

 

Petit train

Où t'en vas-tu?

Train de la mort

Mais que fais-tu?

Le referas-tu encore?

 

Personne ne sait ce qui s'y fait

Personne ne croit

Il faut qu'il voie

Mais moi je suis quand même là

 

Le petit train

Dans la campagne

Et les enfants?

Les petit train

Dans la montagne

Les grands-parents

Petit train

Conduis-les aux flammes

à travers champs

 

Le petit train

S'en va dans la campagne

Va et vient

Poursuit son chemin

Serpentin de bois, de feraille

Marron et gris

Sous la pluie

 

Reverra-t-on

Une autre fois

Passer des trains

Comme autre fois?

C'est pas moi qui répondra

 

Personne ne sait

Ce qui s'y fait

Personne en croit

Il faut qu'il voit

Mais moi je suis quand même là

 

Petit train

Où t'en vas-tu?

Train de la mort

Mais que fais-tu?

Le referas-tu encore?

 

Reverra-t-on une autre fois

Passer des trains comme celui-là?

C'est pas moi qui répondra...

 

[Rita Mitsouko - Le petit train]

 
 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 09:09

Peut-être serai-je plus gaie
Quand, dédaigneuse du bonheur,
Je m'en irai vieille et fanée,
La neige au front et sur le coeur :

Quand la joie ou les cris des autres
Seront mon seul étonnement
Et que des pleurs qui furent nôtres
Je n'aurai que le bavement.

Alors, on me verra sourire
Sur un brin d'herbe comme au temps
Où sans souci d'apprendre à lire
Je courais avec le printemps.

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 08:58

Que ton fruit de sang qui loge en mon sein
Soit pareil, amour, à ton être humain,
Que le petit nid ombreux qui se ferme
Pour envelopper et mûrir le germe
Sente remuer ta plus jeune enfance
Comme elle le fit dans l'avant-naissance
Au flanc maternel en un temps lointain.
Et que ce soit toi, dans mon doux jardin,
Ô mon bien-aimé, qui bouges, piétines ;
Que pour toi le lait pèse à ma poitrine,
Que je sente en moi la genèse humaine
De ton être mâle et que tu me tiennes
Au sein, lourd de chair, mon intime noeud.
Que dans mon secret s'éveillent tes yeux
Nébuleux d'abord et d'une eau troublée,
Puis fraîcheur d'un astre à l'aube étonnée.
Que ce soit ta bouche en fleur d'églantine
Qui bâille un parfum d'haleine enfantine,
Que ce soit, amour, tes petites mains
Qui pressent mon coeur d'un toucher câlin,
Comme les chatons de leurs frêles pattes
Pétrissent sans voir les tétins de chatte.
Que je sache ainsi comment ta pensée
Fut rêveusement dans l'oeuf caressée,
Comment se forma ton goût des baisers,
Ton génie humain encore effacé
Dressant faiblement sa jeune envolée ;
Que ta forme en moi réduite et bercée
Me révèle enfin quel rêve en ton coeur
S'attriste aujourd'hui et quel frais bonheur
De vivre agitait tes jambes légères
Lorsque tu bougeais au sein de ta mère.
Oh ! tenir en moi, fruit d'âme et de chair,
Notre enfant, ton sang, ton coeur et tes nerfs,
De ton abandon forme rajeunie,
Te sentir, amour, éclos de ma vie,
Te bercer, t'aimer, te garder vivant,
Couché tout à moi au creux de mon flanc !

 

Cécile Sauvage

 

 

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
22 décembre 2010 3 22 /12 /décembre /2010 08:44

L'enchantement lunaire endormant la vallée
Et le jour s'éloignant sur la mer nivelée
Comme une barque d'or nombreuse d'avirons,
J'ai rassemblé, d'un mot hâtif, mes agneaux ronds,
Mes brebis et mes boucs devenus taciturnes
Et j'ai pris le chemin des chaumières nocturnes.
Que l'instant était doux dans le tranquille soir !
Sur l'eau des rayons bleus étant venus s'asseoir
Paraissaient des sentiers tracés pour une fée
Et parfois se plissaient d'une ablette apeurée.
Le troupeau me suivait, clocheteur et bêlant.
Je tenais dans mes bras un petit agneau blanc
Qui, n'ayant que trois jours, tremblait sur ses pieds roses
Et restait en arrière à s'étonner des choses.
Le silence était plein d'incertaines rumeurs,
Des guêpes agrafaient encor le sein des fleurs,
Le ciel était lilas comme un velours de pêche.
Des paysans rentraient portant au dos leur bêche
D'argent qui miroitait sous un dernier rayon,
Et des paniers d'osier sentant l'herbe et l'oignon.
Les champs vibraient encor du jeu des sauterelles.
Je marchais. L'agneau gras pesait à mes bras frêles.
Je ne sais quel regret me mit les yeux en pleurs
Ni quel émoi me vint de ce coeur sur mon coeur,
Mais soudain j'ai senti que mon âme était seule.
La lune sur les blés roulait sa belle meule ;
Par un même destin leurs jours étant liés,
Mes brebis cheminaient auprès de leurs béliers ;
Les roses défaillant répandaient leur ceinture
Et l'ombre peu à peu devenait plus obscure.

 

[L'enchantement lunaire - Cécile Sauvage]

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 16:52

échappatoire 

dérobade

esquive

excuse

expédient

faux-fuyant

issue

parade

ruse

sortie

subterfuge

artifice

astuce

détour

ruse

stratagème

reculade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 14:27

Je t'apporte ce soir ma natte plus lustrée
Que l'herbe qui miroite aux collines de juin ;
Mon âme d'aujourd'hui fidèle à toi rentrée
Odore de tilleul, de verveine et de foin ;
Je t'apporte cette âme à robe campagnarde.
Tout le jour j'ai couru dans la fleur des moissons
Comme une chevrière innocente qui garde
Ses troupeaux clochetant des refrains aux buissons.
Je fis tout bas ta part de pain et de fromage ;
J'ai bu dans mes doigts joints l'eau rose du ruisseau
Et dans le frais miroir j'ai cru voir ton image.
Je t'apporte un glaïeul couché sur des roseaux.
Comme un cabri de lait je suis alerte et gaie ;
Mes sonores sabots de hêtre sont ailés
Et mon visage a la rondeur pourpre des baies
Que donne l'aubépine quand les mois sont voilés.
Lorsque je m'en revins, dans les ombres pressées
Le soc bleu du croissant ouvrait un sillon d'or ;
Les étoiles dansaient cornues et lactées ;
Des flûtes de bergers essayaient un accord.
Je t'offre la fraîcheur dont ma bouche était pleine,
Le duvet mauve encor suspendu dans les cieux,
L'émoi qui fit monter ma gorge sous la laine
Et la douceur lunaire empreinte dans mes yeux.

 

 

Cécile SAUVAGE

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 13:48

Je suis née au milieu du jour,
La chair tremblante et l'âme pure,
Mais ni l'homme ni la nature
N'ont entendu mon chant d'amour.

Depuis, je marche solitaire,
Pareille à ce ruisseau qui fuit
Rêveusement dans les fougères
Et mon coeur s'éloigne sans bruit.

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 13:23

La journaliste de l'AFP Maria Antonova, interpellée à Minsk dans la nuit de protestations qui a suivi l'élection présidentielle dimanche 19 décembre 2010, a été relâchée lundi soir sans explication après avoir été retenue 17 heures par la police du Bélarus. Voici son récit :

 

"Attrape-la! dit un homme en civil à des hommes de la police anti-émeutes. Quelques secondes plus tard, je suis à genoux, les mains derrière la tête.

Je suis à cinq minutes de marche de mon hôtel, après avoir couvert la manifestation de plusieurs milliers d'opposants contre la réélection du président Alexandre Loukachenko.

Juste avant, j'ai vu des policiers faire tomber à terre un jeune couple. L'homme est tabassé sans ménagement, la femme hurle. On les traîne tous les deux dans le mini-bus.

Quand c'est mon tour, j'ai beau brandir ma carte d'accréditation du ministère bélarusse des Affaires étrangères.

"Vous êtes de l'Agence France-Presse, allez en France!", me répond un officier sèchement.

Je suis parmi dix détenus, à genoux sur le plancher métallique, les mains derrière la tête. Un mouvement, et l'un des officiers vous frappe sur la tête.



L'un de mes camarades de malheur, asthmatique, étouffe sans son inhalateur. Il s'est fait attraper quand il se dirigeait vers sa voiture pour prendre le médicament. "T'auras ton inhalateur dans la tombe", lui dit un policier.

Notre mini-bus et des dizaines d'autres emmènent les gens vers les centres de détention.

Ils déchargent et reviennent dans le centre-ville à la recherche d'autres protestataires. Il est une heure du matin. La manifestation sur la place de l'Indépendance a été dispersée depuis longtemps.



Dans un commissariat du centre de Minsk, où je suis avec 90 autres détenus, on comprend vite qu'au moins un tiers d'entre nous n'a rien à voir avec la manifestation de l'opposition. Un homme qui a demandé à la police routière comment trouver un magasin. Une femme qui fermait son salon de coiffure.

Pendant les 10 heures qui suivent, nous sommes assis dans un sous-sol. Quand au bout de deux heures une femme demande pourquoi on la torture, on nous autorise à aller aux toilettes.

Le sang coule du bras blessé d'un détenu. Nous cherchons des chiffons dans nos sacs à main pour improviser un pansement.

Au bout de trois heures de détention, nous devons être relâchés, selon la loi. En réalité, on nous photographie et on prend nos empreintes digitales. Les hommes de la police anti-émeutes témoignent pour nos procès-verbaux.

"Oui c'était elle, en manteau blanc". "Et ces chaussures, comment tu les appelles?", me demande l'un d'entre eux. Ce n'est pas celui qui m'a interpellée.

Je refuse de signer mon procès verbal où il est écrit que j'ai participé à una manifestation non autorisée, et où l'heure de mon interpellation est inexacte.

Il fait jour, mais nous avons perdu la notion du temps, dans le sous-sol. Treize heures après, je suis placée dans une cellule.

"Quinze jours en prison (des peines souvent infligées au Bélarus pour participation aux manifestations non autorisée, ndlr), cela veut dit que je fêterai le Nouvel an ici", soupire une jeune femme.

Quatre de mes co-détenues sont emmenées bien avant moi et j'essaie en vain de me réchauffer dans la cellule, d'un mètre sur deux. Je m'endors finalement sur un banc de béton au son des pleurs dans une cellule voisine, qui me parviennent à travers un conduit de ventilation.

Dix-sept heures après mon interpellation, les policiers me poussent vers la sortie, désireux d'en finir avec ce malentendu. Je suis relâchée.

"J'espère que nous resterons amis", me dit celui qui m'accompagne en voiture jusqu'à mon hôtel.

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 12:04

 

Pourquoi crains-tu, fille farouche

De me voir nue entre les fleurs ?

Mets une rose sur ta bouche

Et ris avec moins de rougeur.

Ne sais-tu pas comme ta robe

Est transparente autour de toi

Et que d'un clair regard je vois

Ta sveltesse qui se dérobe ?

Triste fantôme de pudeur,

Que n'es-tu nue avec la fleur

D'un lis blanc dans ta chevelure,

Un doigt sur ta mamelle pure.

 

Cécile SAUVAGE   (1883-1927)

 

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
21 décembre 2010 2 21 /12 /décembre /2010 11:55

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article

Présentation

  • : Sans blog !?!
  • Sans blog !?!
  • : Une quintessence de futilité ambiante avec des reminiscences variables de secousses telluriques, atmosphériques, éthyliques...
  • Contact

Recherche

Liens