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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 14:57

Pour aimer, il faudrait croire à la vie. Mais le temps n'existe pas, il est tout décousu. Vivre est factice, l'existence est en lambeaux. Les impressions nous traversent, fugitives et insaisissables. Nous n'avons plus la force de les retenir ni par conséquent de les comparer : celle d'hier contraste avec celle d'aujourd'hui, et personne ne s'en aperçoit. Les extrêmes se touchent et se suivent : à la fièvre l'ennui succède, à la passion le détachement, à l'amour l'indifférence. Tout cède sous le poids de l'instant, le présent croule en une poussière d'insignifiance. Il n'y a pas d'avenir. Tout revient au même.

 

Ce qui empêche tout, c'est la peur. Pourquoi avons-nous tellement peur de l'amour ? L'amour est censé nous construire, nous aider, nous élever, nous grandir et nous agrandir. Un enfant sans amour est un enfant perdu, on nous l'a assez dit. Alors pourquoi l'éprouvons-nous comme une telle menace ? Pourquoi faut-il tant de courage ou d'imprudence pour aller dans l'amour ? Personne n'y va - ou avec une telle angoisse au cœur qu'on se demande si le jeu en vaut la chandelle. Regardez-les, nos poètes, nos amoureux, regardez-les dans leur vie : l'amour les empêche de respirer, les étouffe, les déçoit, les détrompe, les détruit.

 

"Ne pensons pas, rêvons. Laissons faire à leur guise le bonheur qui s'enfuit et l'amour qui s'épuise."

 

Vous savez, je me demande toujours si cet homme m'a aimée. Vous me trouvez sans doute bien naïve, trop sentimentale - les hommes sont tellement surpris de voir le temps que les femmes consacrent à l'amour, à l'idée de l'amour. Mais les femmes, sachez-le, s'étonnent du temps que perdent les hommes en choses plus vaines, en vanité. Car c'est tout de même une grande énigme, l'amour, son commencement, sa fin. On ne peut pas passer ça par profits et pertes, juste solder les comptes, dire " je me comprends ". J'étais là, je me répétais sans cesse : qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi ne m'aime-t-il plus ? J'étais la même, pourtant, je ne m'étais pas changée en sorcière, en vipère, en pou. Alors quoi ? Alors quoi ? En général, il ne voulait pas parler. Sauf une fois, peu avant la fin, il venait de me répéter brutalement que " ça ne marchait pas " - enfin, tu vois bien que ça ne marche pas ! c'était sa phrase -, je l'ai pris au vol, j'ai dit : oui, je vois bien, mais je ne vois pas pourquoi. Dis-moi pourquoi. Il m'a regardée, il a eu un petit reniflement : ça ne marche pas parce que tu es toi. Mais au début, j'ai dit, au début, ça marchait aussi parce que j'étais moi, non ? Tu m'aimais parce que j'étais moi, non ?

Ça doit être aussi pour ça que je suis restée : quelque chose m'échappait. Et je voulais comprendre, saisir - le saisir. Y penser toujours a été ma manière de ne pas en mourir. La quête d'un sens mon antidote à la folie.

 

Elle se met dont à déchiffrer sans relâche tous les signes. Elle n'a plus qu'un seul but, qui l'occupe et la remplit : comprendre cet homme. Éclairer ses actes, ses refus, ses contradictions. Donner un sens à l'insensé. Trouver ce qui cloche, ce qui bloque, ce qui empêche, ce qui tue.

 

"Il doit y avoir un livre qui vous sauve la vie, qui vous sauve la mise, au moins un moment, qui donne un sens à ce qui n'en a pas. Il faut le trouver, il faut le chercher, espérer qu'il a déjà été écrit."

 

Elle commence par les livres, parce que chez elle c'est compulsif : quand elle va mal, elle lit, comme d'autres fument, boivent ou mangent. La lecture est sa nourriture, son alcool, sa drogue. Les mots sont un pansement, les mots calment son angoisse. Elle éprouve à l'égard de la langue un besoin impérieux, ce ne sont pas des impressions qui entrent en elle, ni des sentiments, non : c'est du sens qui la pénètre et circule en elle pour lui donner vie, c'est du sang dans les veines. Elle ne demande pas aux livres de la bercer, de l'endormir ou de la distraire, mais de l'aider à percer le mystère, à voir plus clair ; elle ne cherche pas l'oubli, elle cherche la mémoire et la cause, le secret des choses.

 

texte : Camille Laurens - Ni toi ni moi

 

"J'ai pensé toute la journée à votre message de l'autre jour, celui où vous me traitez d'obsédée du sens. "Pourquoi ne pas vous laisser plutôt aller à vos sens ? m'écrivez-vous. Jouir simplement de ce qui se présente à eux, cela pourrait être une solution. Croire vos yeux. Accepter le cinéma." Effectivement, j'ai toujours eu du mal avec les films où l'on ne comprend pas bien ce qui se passe. Dans Voyage en Italie, par exemple, on ne sait pas pourquoi ce couple ne s'entend plus, ce qui les sépare vraiment, ce qui les liait. Il y a un mystère, on vous le montre, à vous de le déchiffrer. On le voit, mais on ne le comprend pas. Les choses changent sans raison, le film avance comme par miracle ou par hasard. J'ai besoin du sens, c'est vrai, j'ai tellement besoin de comprendre ! Je suis comme une enfant butée : je veux qu'on m'explique. Sinon j'ai peur, j'ai mal. Je suis prête à accepter des explications complexes, des raisonnements subtils, je n'attends pas qu'on me délivre une vérité bétonnée, je veux bien soulever des couches de sens sur l'oignon du visible. Mais ne me dites pas : c'est comme ça."

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 14:44

On me demande quelquefois ce que j'aurais pu faire pour causer moins de douleur et permettre à l'amour d'exister, au lieu de le détruire, et celle qui m'en témoignait. Des amis croient me délivrer d'en répondre par l'excuse de la malchance : c'est, disent-ils, que l'objet élu ne me convenait pas, que cette femme avait quelque chose d'insupportable pour moi, et qu'il me faut seulement, sans regret et sans honte, attendre de croiser enfin celle que je vais aimer et qui va me combler. Ils louent la clarté de mon intelligence, la finesse de mes analyses, et ne doutent pas que ces qualités soient un jour reconnues par une femme capable, sans la blesser ni en être blessée, de compléter mon âme.

  

Ces amis se trompent, sauf sur un point : j'ai assez d'esprit, en effet, pour mesurer toute l'étendue de ma misère, et les abîmes de mon cœur. Toute la raison dont je dispose me dispense une unique leçon : c'est que cet esprit, dont on est si fier, ne sert ni à trouver le bonheur ni à en donner. La force du sentiment est un don qu'il faut demander au ciel, et la métaphysique la plus ingénieuse ne justifie pas l'homme qui, faute de le posséder, a déchiré le cœur qui l'aimait. Je hais cette faiblesse qui s'en prend toujours aux autres de sa propre impuissance, et qui ne voit pas que le mal n'est point dans ses alentours, mais qu'il est en elle. Je hais cette fatuité qui, toujours déçue de ses conquêtes et les chargeant de tous les torts, plane indestructible au-dessus des ruines, causes à l'échec de l'amour dans ma vie. Les circonstances sont pourtant bien peu de choses, le caractère est tout : c'est en vain qu'on brise avec les objets et les êtres extérieurs ; on ne saurait briser avec soi-même. On change de situation, on s'éprend d'une autre femme, mais on transporte dans chacune le tourment dont on espérait se délivrer, et comme on ne se corrige pas en se déplaçant, l'on se trouve seulement avoir ajouté des remords aux regrets et des fautes aux souffrances.

 

Les choses pourraient-elles en aller autrement ? Je l'ignore. Un infirme marchera-t-il à jamais ? Je connais l'étonnement douloureux avec lequel une femme s'aperçoit qu'elle n'est plus aimée, l'effroi qui la saisit quand elle se voit délaissée par celui qui jurait de l'adorer toujours ; je connais cette estime refoulée sur elle-même, et qui ne sait plus où se placer, cette défiance qui succède à une si entière confiance et qui, forcée de se diriger contre l'être qu'elle élevait au-dessus de tout, s'étend par là même au reste du monde. Que lui dire quand elle se demande quel mot, quel geste a manqué au bonheur ? Que lui répondre lorsqu'elle cherche encore des moyens d'y parvenir, et qu'elle attend de moi un signe que je ne ferai pas ?

Lumière est ce que je touche, charbon tout ce que je quitte. Il n'y a rien qui puisse être fait pour le bonheur de la vie avec des hommes tels que moi : ce qu'il faut, c'est ne pas les rencontrer.

 

Il semblerait que les hommes aiment les femmes absentes, silencieuses, merveilleuses, disparues, mortes. Qu'il n'aiment que de loin - loin des yeux, près du cœur ? Quand elles s'approchent, les bras leur en tombent.

Aimer une femme autrement qu'en rêve, en photo, en souvenir, en lettres d'or. L'aimer en vrai, en aimer une, l'aimer, elle. Est-ce que c'est trop demander ? Aimer une femme, est-ce que c'est possible ?

 

texte : Camille Laurens - Ni toi ni moi

 

"Il n'y a rien qui puisse être fait pour le bonheur de la vie avec des hommes tels que moi : ce qu'il faut, c'est ne pas les rencontrer." 

 

 

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 12:20

Je ne T'aime plus

Mon amour

Je ne T'aime plus

Tous les jours

Parfois J'aimerais mourir

Tellement J'ai voulu croire

Parfois J'aimerais mourir

Pour ne plus rien avoir

Parfois J'aimerais mourir

Pour plus jamais te voir

Je ne T'aime plus

Mon Amour

Je ne T'aime plus

Tous les jours

Parfois J'aimerais mourir

Tellement Y a plus D'espoir

Parfois J'aimerais mourir

Pour plus jamais te revoir

Parfois J'aimerais mourir

Pour ne plus rien savoir

Je ne T'aime plus

Mon amour

Je ne T'aime plus

Tous les jours...

 

 

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 11:00

J'ai perdu ton joli goût ma chère

Cette nuit sous les étoiles

Et je ne sais plus trop quoi faire

Je me sens seul, je me sens sale

Et ça me fout un peu en l'air

D'être bon que pour les râles

Titubant sous les réverbères

Qui me rendent encore plus pâle

Toute la nuit bière sur bière

A la recherche d'un animal

Qui se laisserait faire

Pour qui ce serait égal

D'avoir un homme droit et fier

Ou un qui s'étale

Et qui jure contre la terre

Et la mer et les étoiles

Sans un regret, sans un adieu

Sans un soupir, sans un remords

J'ai perdu le goût de la chair

Cette nuit après le bal

Et ça me fout le cul par terre

Dans les endroits un peu sales

Qui sentent si bon la bière

La bonne chaleur de l'animal

Qui se demande qui a salé la mer

Qui a sali la terre, ça t'est égal

Sans un regret, sans un adieu

Sans un soupir, sans un remords

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:39
Non, ma vie c'est pas l'Amérique. Ce serait plutôt la bérézina, du nom de cette marécageuse défaite napoléonienne.
Ma vie en 2010 a été néanmoins vachement moins bien qu'en 2011, heureusement.
Et puis, surtout j'adore cette chanson, duo entre David Bowie & Pat Metheny, alors ce que je pense de ma vie...
J'aime bien cette mélancolie douce, cette mélodie qui m'entraîne dans un peu de spleen encore certes, mais du spleen tout doux, du soupline, quoi...
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:34
Ce sont des choses qui arrivent...

 

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 10:21
Toujours la même question qu'on se pose au fil du temps mais quelques décennies plus tard, on dirait plutôt : "what the hell is going on ?" ou "what the fuck is going on, you bastard ?"
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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 09:39

Au coeur de la ville endormie

Reposent des millions d'gens soumis

Personne d'autre pour hurler la nuit

Que l'vieux clochard sous l'pont Marie

Dans la rue ya plus qu'des matons

Tous les apaches sont en prison

Tout est si calme qu'ca sent l'pourri

PARIS VA CREVER D'ENNUI !!!

 

Allons enfants de la patrie

Contre nous de la tyrannie

Dont nous abreuvent les bouffons

Du baron qui règnent à la mairie

 

Paris se meurt aujourd'hui

D'sêtre donnée à un bandit

Un salaud qui lui a pris

Ses nuits blanches

Paris la nuit c'est fini

Paris va crever d'ennui

Paris se meurt rendez lui

Arletty!

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 20:07

Can't Take My Eyes Off You fut écrite par Bob Crewe et Bob Gaudio en 1967 pour Frankie Valli . Elle fut un tube qui atteint le #2 au Billboard Hot 100 et remporta un disque d'or. Elle eut droit ensuite à plusieurs centaines de reprises, en voici quelques unes...

 

 

Can't Take My Eyes Off You

Single by Frankie Valli

Paru le 7 mai 1967

Label Philips

Writer(s) Bob Crewe , Bob Gaudio

Producteur Bob Crewe

 

 

 

 

 

You're just too good to be true

can't take my eyes off of you

you'd be like heaven to touch

oh, I want to hold you so much

At long last love has arrived

and I thank God I'm alive

you're just too good to be true

I can't take my eyes off of you

 

Oh, in the way that I stare

There's nothin' else to compare

the thought of you leaves me weak

there're no words left to speak

But if you feel like I feel

oh, did let me know that it's real

you're just too good to be true

can't take my eyes off of you

 

I love you baby

and if it's quite all right

I need you baby

to warm a lonely night

I love you baby

trust in me when I say

Oh, pretty baby

don't bring me down, I pray

oh, pretty baby

Now that I found you, stay

And let me love you, baby

let me love you

 

You're just too good to be true

can't take my eyes off of you

you'd be like heaven to touch

oh, I want to hold you so much

At long last love has arrived

and I thank God I'm alive

you're just too good to be true

can't take my eyes off of you

 

I love you baby

and if it's quite all right

I need you baby

to warm a lonely night

I love you baby

trust in me when I say

Oh, pretty baby

don't bring me down, I pray

oh, pretty baby

Now that I found you, stay

And let me love you, baby

let me love you

 

I love you baby

and if it's quite all right

I need you baby

to warm a lonely night

I love you baby

trust in me when I say

Oh, pretty baby

don't bring me down, I pray

oh, pretty baby

Now that I found you, stay

Oh, pretty baby

trust in me when I say

 

 

Something's got to give est un film américain inachevé de George Cukor débuté en 1962. Il appartient aux œuvres cinématographiques inachevées les plus célèbres de l'Histoire du cinéma en raison des problèmes posés par les absences répétées de son actrice Marilyn Monroe pendant le tournage puis la disparition tragique de celle-ci qui stoppa net le film.

 

  • George Cukor, qui avait déjà fait tourner Marilyn Monroe dans Le Milliardaire deux ans plus tôt et qui avait à cette occasion vécu une mauvaise expérience, n'a accepté qu'à contre cœur de réaliser Something's got to give.

 

  • Sur trente jours de tournage, Marilyn Monroe n'a été présente que treize jours. La Fox, à bout, l'a alors congédiée. Kim Novak et Shirley MacLaine ont rejeté l'offre de succéder à Marilyn Monroe. Lee Remick a accepté le rôle d'Ellen et Dean Martin s'est ainsi retiré de la production. Comme on allait l'accuser de faire perdre leur place de travail à une centaine de personnes et comme elle pressentait une menace sur sa carrière, Marilyn Monroe a la une campagne de relations publiques au travers d'interviews dans de nombreux magazines et de nouvelles photos et, à la suite de ce fort impact, la Fox lui a proposé une renégociation du contrat afin de pouvoir finaliser le film. Marilyn Monroe est décédée dans la nuit du 4 au 5 août 1962.

 

  • Plusieurs scènes du film montrent une Bianca plutôt dépendante de son psychanalyste, ce qui était le cas de Marilyn Monroe à cette époque, et ce depuis plusieurs mois.

 

  • Longtemps Hollywood a montré des chambres de couples mariés où le centre d'intérêt moral résidait en réalité dans cette sempiternelle table de chevet séparant les deux lits simples des époux. Ici, dans ce film qui aborde le sexualité de manière subtile, cela n'est pas le cas : les (nouveaux) époux Arden partagent un grand lit, dit français, dit King size.

 

  • Dans les archives de la Fox, environ 500 minutes de film ont été retrouvées qui ont permis la production d'un Something's got to give de 37 minutes dans l'émission de télévision Marilyn Monroe - The final days.

 

Les dernières paroles que Marilyn prononcera sur un écran en compagnie de Dean Martin :

Lui : Sigh... (soupir)

Elle : Sigh...

Elle : "Satisfied ? " (Satisfait ? )

Lui : "Completely ! " (Totalement)

Elle : "Now, aren't you ashamed of those suspicions you had about me ? " (Maintenant, n'as-tu pas honte des soupçons que tu as eu à mon égard ? )

Lui : "Terribly ! " (Terriblement)

Elle : "Mm.."

...un Mm qui sonne comme une signature... Marilyn Monroe...

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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 18:18

Star mondiale à 14 ans, il subit ensuite une rapide déchéance...

Sans doute avait-il accédé à la gloire trop jeune (son groupe s'appelait d'ailleurs les Teenagers) : à 15 ans, il était déjà dépendant à l'héroïne.

 

Franklin Joseph Lymon dit "Frankie"est mort bien jeune. Né en 1942 en plein cœur de Harlem, il meurt le 28 février 1968, dans la salle de bains de sa grand-mère.

 

N°1 au hit-parade américain à 14 ans

A part Stevie Wonder et Michael Jackson, difficile de citer beaucoup d’autres exemples. Un succès auquel il n’était pas du tout préparé. Sa passion, c’était plutôt le sexe que la chanson ; employé, à dix ans, dans une épicerie de quartier, il arrondissait ses fins de mois en rabattant des prostituées. Il se vantait d’avoir de nombreuses maîtresses deux fois plus âgées que lui, ce qui, somme toute, n’est pas vraiment très vieux !

 

Choriste d'un groupe de rock

A l'époque, on ne parle pas encore de rock'n'roll mais de doo-wop. Toujours est-il qu’à l’âge de 12 ans il sympathisa avec Herman Santiago, chanteur d’un petit groupe local, qui lui proposa d’être choriste dans la formation des Teenagers. Pourquoi pas ?

 

En 1955, les Teenagers décrochent une audition

Elle sera supervisée par le producteur de disques George Goldner. Le chanteur du groupe étant arrivé en retard, c’est Frankie qui le remplaça au pied levé… et devint ainsi la vedette du groupe qui désormais s’appellera “Frankie Lymon and the Teenagers ».

 

Santiago fulmine dans son coin

On imagine aisément que l'ambiance, désormais, est électrique. L’affaire se complique encore lorsque George Goldner décide de faire une une star en solo de Frankie. C’est d’ailleurs en bonne voie : le premier 45 tours du groupe, « Why do fools fall in love » est au sommet du hit-parade en janvier 1956.

 

L’année commençait bien

Elle allait s’avérer fructueuse : cinq autres 45 tours s’inscriront dans les dix meilleures ventes, dont notamment "I'm Not A Juvenile Delinquent". Hélas 1957 ne ressemblerait pas à la précédente année…

 

Frankie, désormais, enregistrait en solo

Hélas le public se détournait de lui. Une réaction un peu compréhensible : sans groupe derrière lui, Frankie se déhanchait avec, pour tout accompagnement, une bande magnétique qui défilait. Ca manquait de fun ! Ajoutons à cela qu’il avait mué (adieu la voix de soprano qui faisait son charme) et qu’à 15 ans il était devenu accro à l’héroïne. Ce n’est pas, toutefois, de son addiction que naîtra le scandale qui va faire basculer sa carrière

 

Le 19 juillet 1957, à la télé américaine

Dans le show télévisé d’Alan Freed, frankie a l’impudence, lui, un Noir, de danser avec une fille de race blanche. Shocking ! L’émission en question, d’ailleurs, ne sera pas diffusée dans les Etats les plus ségrégationnistes. Ses ventes de disques s’effondrèrent, son contrat fut résilié. Il dut en outre promettre de suivre une cure de désintoxication.

 

En 1964, Frankie se marie

« pour le meilleur et pour le pire », comme on dit. Et c’est le pire immédiatement : un scandale éclate, son mariage est illicite car sa moitié n’a pas encore divorcé de son premier mari ! De toute façon, très rapidement ils ne se supportèrent plus et se quittèrent au bout de quelques mois.

 

Frankie épouse alors Zola Taylor

Elle avait été la chanteuse des Platters de 1954 à 1962. Une très grande vedette, donc, car c’est durant cette période que les Platters eurent tous leurs hits (« Only you », « My prayer », « Smoke gets into your eyes », etc.). Leur mariage, toutefois, apparaîtra comme « bidon » après le décès de Frankie car, au moment de se partager son héritage avec Emira Eagle, la troisième épouse de Lymon, Zola fut dans l’incapacité de produire un certificat de mariage.

 

Ils s’étaient mariés en 1965 à Tijuana

Cette ville de l’Etat mexicain de Basse Californie, à l’instar de las Vegas, est réputée pour la célébration express et pas très rigoureuse de ses mariages (en 1998 sortira le film « Why do fools fall in love » qui raconte la vie de Frankie ; c’est Halle Berry qui tient le rôle de Zola).

Toujours en 1965, Frankie est appelé sous les drapeaux.

Dans sa ville de garnison, il tombe amoureux de Emira Eagle, une institutrice. Ils se marient en juin 1967 après des mois mouvementés : pour aller rejoindre sa fiancée ou pour assurer des petits concerts minables, Frankie fit le mur plus d’une fois qu’à son tour. Ces disparitions à répétition le menèrent à la sanction inévitable : il est considéré comme déserteur.

 

De retour à New York en 1968, la chance semble lui sourire à nouveau

Il venait d’obtenir un contrat d’enregistrement et avait déjà enregistré deux chansons. Pour fêter le retour de la bonne fortune, il se fit une injection d’héroïne. Un fix fatal ! Son dernier disque sortira de manière posthume.

 

L’histoire n’était pas finie

En 1981, Diana Ross réenregistra « Why do fools fall in love » et porta à nouveau la chanson très haut dans les hit-parades. Il n’en fallait pas plus pour donner de la valeur à l’héritage de Frankie. Ses trois épouses Zola Taylor, Elizabeth Waters et Emira Eagle s’entredéchirèrent : Lymon s’était marié trois fois mais n’avait jamais pensé à divorcé !

 

Le coin du spécialiste

« Why do fools fall in love » fut également enregistré en 1966 par un groupe anglais, les Jokers Wild dont le guitariste n'était autre que David Gilmour, futur Pink Floyd. Leur version durait moins de deux minutes (1'56" précisément).

 

 

 

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