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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 09:37

Ouais, je suis amoureux de Megan Fox, y'a quelqu'un qui a quelque chose à dire ? Ce que je préfère chez elle, c'est son incontestable talent d'actrice, le choix tout particulier et méticuleux qu'elle fait pour les scénarios dans lesquels elle tourne, son attirance pour le cinéma d'auteur, sa palette d'émotions, sa grandeur d'âme, sa beauté profonde, la psychologie maternelle qui se dégage de son regard, sa grande sobriété et, surtout, sa pudeur légendaire. Une femme comme il n'y en a pas assez à mon goût...

 

Il n'y a pas d'amour plus sincère que celui de la bonne chère. (George Bernard Shaw)

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 10:25

... toi qui jouait de la flûte nue, une nuit de clair de lune sur un dolmen breton

... le moment où on arrive enfin à retirer l'arête qui était coincée dans ta gorge depuis vingt-sept minutes

... l'instant où tes yeux se ferment parce que tes lèvres embrassent enfin cette fille perdue

... qu'une caisse s'ouvre devant vous chez Lidl alors qu'il y avait une queue de Rocco Siffredi

... quand la pâte à tartiner Speculoos rentre en contact avec votre langue et dégouline en toute vulgarité jusqu'au fond de votre gorge

... des petits bras qui déboulent, qui s'enroulent, puis se déroulent autour de toi

... la seconde où l'assiette de coquilles Saint-Jacques se pose sur votre table au restaurant d'Olivier Roellinger

... un apéro au vin blanc avec un vrai ami et une vue sur la baie qui domine Cancale

... le cuicui des oiseaux qui parvient à vos oreilles alors que vous êtes encore au chaud sous la couette

... le sourire idiot et affreux de la personne que vous aimez le plus au monde

... une blague avec du prout, du pipi, du caca, juste au moment où on l'attendait pas

... un fou rire incontrôlable pendant une conférence sur le handicap chez les nains

... un film avec Charlie Chaplin quand tout va mal autour de soi

... un weekend dans les Monts d'Arrée tout seul, sans personne pour vous faire chier

... une bouche qui vient se poser sur vous, au hasard, un peu partout

... un macaron au citron que jamais vous n'aviez trouvé aussi bon

... le facteur qui vous amène vos factures en zozotant

... un pot de confiture d'églantines qu'on mange toute seule à la cuillère en emmerdant la terre entière

... l'odeur d'un oignon grillé qui, de la poêle, s'est échappée

... une photographie sexy ou drôle d'une personne qui nous est chère alors qu'on avait plus trop de nouvelles d'elle depuis un lustre

... dire "je t'emmerde" à une personne à qui vous aviez toujours rêvé de lui dire

... l'instant où vous venez de cliquer sur le site de Continental Airlines pour avoir enfin acheter votre billet pour NYC

... le vent qui vous caresse les cheveux avec paresse, les oreilles en toute délicatesse et puis aussi un peu les fesses

... la senteur des jacinthes nouvelles dont la fragrance vous ensorcèle

... n'avoir rien à faire de sa journée et n'en avoir rien à péter

... glisser votre main dans le corps sage d'une fille qui s'en réjouit

... recevoir un texto : "Tu es un sacré connard mais je t'aime mon canard"

... la caudalie où vous vous rendez compte que ce Pouilly fumé s'est emparé de votre esprit

... une petite culotte envoyée par la poste

... un couscous chinois ou un gratin Dauphinois qu'on mange avec les doigts

... l'instant où votre braguette est descendue alors que vos mains étaient déjà occupées

... le soleil qui vient vous lécher en même temps que l'ami Ricoré

... un plateau de fromages auvergnats affinés (quand y'en a qu'un ça fait chier, c'est quand y'en a plein que c'est à se damner)

... un film avec Audrey Hepburn dans les bras d'une fille auburn qui vous tripote les...

... arrêter la lecture d'un guide du Routard d'un pays où l'on ira jamais mais pourtant, à l'instant, on y était

... faire un gros pissou alors qu'on a attendu depuis trop trop longtemps

... un bisou dans le cou (et non pas un pissou, mais en Alsace on peut confondre)

... redécouvrir un album vinyl oublié dans son grenier et se dire : "Putain, ça c'est du rock !"

... voir sa belle-mère se casser la gueule dans l'escalier et être hospitalisée pendant une bonne année

... manger un cornet de frites chez Antoine (et non pas chez Eugène) à Bruxelles

... se perdre dans une ville inconnue dont vous ne comprenez rien au langage de ses habitants

... ce petit bout de hanche qui dépasse et dont vous êtes tant friand, Marie pleine de grasse

... s'asseoir sur un banc, cinq minutes avec toi et regarder les gens tant qui en a

... s'offrir la p'tite veste en cuir qu'on voulait depuis des mois juste parce que votre banquier vient de vous appeler

... cette promenade seule à moto avec ton aigle sur le dos

... la première gorgée d'Earl Grey les matins au vent mauvais

... se sentir bien tout(e) seul(e) à l'ombre sous les tilleuls

... d'être content d'être encore en vie ce matin et d'avoir toujours envie de tes seins...

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 08:31

"Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu'ils ont fait."

 

"Les hommes sont bizarres. Ils commettent le pire sans trop se poser de questions, mais ensuite, ils ne peuvent plus vivre avec le souvenir de ce qu’ils ont fait."

 

Je ne crois pas que les rêves annoncent quoi que ce soit, comme certains le prétendent. Je pense simplement qu'ils adviennent au moment où il faut, et qu'ils nous disent, dans le creu de la nuit, ce que nous n'osons peut-être pas nous avouer en plein jour.

Philippe Claudel - Le rapport de Brodeck

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 18:52

J'ai cette nuit goûté les plus douces douceurs
Du breuvage des dieux, de la manne prisée,
Du miel, du sucre doux, de la douce rosée,
Que l'aube en larmoyant répand dessus les fleurs.

Sur le point que la nuit retire ses horreurs
Pour faire plate au jour, j'ai ma lèvre posée
Sur la lèvre vermeille, où mon âme embrasée
Avec Amour humait mille douces liqueurs.

Songeant, il me semblait qu'Amour dessus ta bouche,
Digne tant seulement que l'Amour même y touche,
Amoureux s'en allait, ta lèvre suçotant,

Puis saoulé de douceur, faisait place à mon âme.
Ô Songe bienheureux, s'il durait tout autant
Que dure mon amour, mon tourment et ma flamme !

 

Isaac HABERT (1560-1615)

 

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[ source photos : ]

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 10:24

 

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[ source : http://long.blog.lemonde.fr/ ]

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 09:07

J'ai le sentiment que je ne suis pas fait pour ma vie. Je veux dire que ma vie déborde de toute part, qu'elle n'est pas taillée pour un homme comme moi, qu'elle se remplit de trop de choses, de trop d'événements, de trop de misères, de trop de failles. Peut-être est-ce ma faute ? Peut-être est-ce moi qui ne sais pas être un homme ? Qui ne sais pas prendre et laisser, faire le tri. Ou peut-être est-ce la faute de ce siècle dans lequel je vis et qui est comme un gros entonnoir où se déverse le trop-plein des jours, tout ce qui coupe, écorche, écrase et tranche. Ma tête parfois, je la sens sur le point d'exploser, comme une marmite qu'on aurait bourrée de poudre.


Philippe Claudel - Le rapport de Brodeck

 

"[...] Ils ne pensent pas Brodeck, eux. Ils ne connaissent pas le remords. Ils vivent. Le passé leur est inconnu. Ne crois-tu pas que ce sont eux qui ont raison ?"

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 09:02

Le bonheur, on ne le trouve pas, on le fait. Le bonheur ne dépend pas de ce qui nous manque, mais de la façon dont nous nous servons de ce que nous possédons.

 

"Je ne suis pas triste. Non, triste n’est pas le mot. Il y a ce tiraillement, ce pincement, comme le souvenir d’un chagrin, mais ce n’est pas du chagrin, il n’y a pas de place pour le chagrin dans ma vie, pas de place pour le deuil."

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:49

[...] Il est sept heures dix et elle doit y arriver. Préparer le petit déjeuner, prendre le métro et le RER, aller à son travail.
Elle doit y arriver parce qu'elle vit seule avec trois enfants, parce qu'ils comptent sur elle pour les réveiller le matin et l'attendent le soir quand ils rentrent de l'école.


Quand elle s'est installée dans cet appartement, elle a poncé, repeint, monté les étagères et les lits superposés, elle a fait face. Elle a retrouvé du travail, elle a conduit les garçons chez le dentiste, aux cours de guitare, au basket et au judo.
Elle est restée debout.

 

Aujourd'hui ils sont grands et elle est fière d'eux, de ce qu'elle a reconstruit, cet îlot de paix dont les murs sont recouverts de dessins et de photos, perché au-dessus d'un boulevard. Cet îlot où elle a su faire entrer la joie, où la joie est revenue. Ici, tous les quatre, ils ont ri, chanté, joué, ils ont inventé des mots et des histoires, fabriqué quelque chose qui les relie, les rassemble. Souvent elle a pensé qu'elle avait transmis à ses enfants une forme de gaieté, une aptitude à la joie. Souvent elle a pensé qu'elle n'avait rien de plus important à leur offrir que son rire, par-delà l'infini désordre du monde.

 

Maintenant c'est différent. Maintenant elle est irritable, fatiguée, elle fait des efforts surhumains pour suivre une conversation plus de cinq minutes, s'intéresser à ce qu'ils lui racontent, parfois elle se met à pleurer sans raison, quand elle est seule dans la cuisine, quand elle les regarde dormir, quand elle s'allonge dans le silence. Maintenant elle a mal au cœur dès qu'elle pose un pied par terre, elle griffonne sur des blocs-notes ce qu'elle doit faire, colle sur les miroirs les instructions utiles, les dates, les rendez-vous. Pour ne pas oublier.
 

Maintenant ses fils la protègent et elle sait que ce n'est pas bien. Théo et Maxime rangent leur chambre sans qu'elle le leur demande, mettent la table, prennent leur douche et enfilent leur pyjama, les devoirs sont faits avant qu'elle rentre et les cartables sont prêts pour le lendemain. Quand il sort avec ses copains le samedi après-midi, Simon l'appelle pour lui dire où il est, s'inquiète de savoir si cela ne la dérange pas, si elle n'a pas besoin qu'il revienne plus tôt pour s'occuper des jumeaux, si elle ne veut pas se promener un peu, voir des amis ou aller au cinéma. Ils l'observent sans cesse, tous les trois, attentifs au ton de sa voix, à ses humeurs, à l'hésitation de ses gestes, ils s'inquiètent pour elle, elle le voit bien, lui demandent plusieurs fois par jour comment elle va. Elle leur a parlé. Au début. Elle leur a dit qu'elle avait des soucis à son travail, que ça allait passer. Plus tard elle a essayé de raconter, leur expliquer la situation, la manière dont elle s'était laissée piéger, peu à peu, combien il lui était difficile d'en sortir. Du haut de ses quatorze ans, Simon voulait partir sur-le-champ casser la gueule à Jacques, crever les pneus de sa voiture, il réclamait vengeance. Cela l'avait fait sourire, à ce moment-là, cette révolte d'adolescent contre l'injustice faite à sa mère. Mais peuvent-ils le comprendre vraiment ? Ils ignorent ce qu'est l'entreprise, son air confiné, ses mesquineries, ses conversations à voix basse, ils ignorent le bruit du distributeur de boissons, celui de l'ascenseur, la couleur grise de la moquette, l'amabilité de surface et les rancœurs muettes, les incidents de frontière et les guerres de territoire, les secrets d'alcôve et les notes de service, même pour Simon le travail demeure quelque chose d'abstrait. Et quand elle tente de traduire les choses dans un langage qu'ils peuvent appréhender - mon chef, la dame qui gère le personnel, le monsieur qui s'occupe des publicités, le grand grand chef - il lui semble qu'elle leur raconte une histoire de Schtroumpfs barbares s'entretuant en silence dans un village retiré du monde.

 

Elle n'en parle pas. Même à ses amis.
 

Au début, elle a essayé de décrire les regards, les retards, les prétextes. Elle a essayé de raconter les non-dits, les soupçons, les insinuations. Les stratégies d'évitement. Cette accumulation de petites vexations, d'humiliations souterraines, de faits minuscules. Elle a essayé de raconter l'engrenage, comment cela était arrivé. A chaque fois, l'anecdote lui a semblé ridicule, dérisoire. A chaque fois, elle s'est interrompue.
Elle a conclu d'un geste vague, comme si tout cela ne hantait pas ses nuits, ne la rongeait pas par petits bouts, comme si tout cela au fond n'avait aucune importance.

 

Elle aurait dû raconter.
 

Dès le début. Dès le tout début.
Quand Jacques s'est mis à lui déclarer dès le matin, avec cet accent de sollicitude qu'il sait si bien feindre, vous avez une sale tête. Une première fois, puis une deuxième, à quelques jours d'intervalle. A la troisième, il avait utilisé le mot gueule : vous avez une sale gueule. L'air vaguement inquiet.
Et la haine contenue dans ce mot, qu'elle n'avait pas voulu entendre.
Elle aurait dû raconter cette fois où, au fin fond d'une zone industrielle, il l'avait laissée attendre quarante-cinq minutes, « le temps qu'il aille chercher la voiture », alors que le parking était à deux cents mètres.
Elle aurait dû raconter les rendez-vous annulés à la dernière minute, les réunions déplacées sans l'en informer, les soupirs excédés, les remarques piquantes sous couvert d'humour, et ses appels qu'il ne prend plus alors qu'elle le sait dans son bureau.

Des oublis, des erreurs, des agacements qui, isolés les uns des autres, relevaient de la vie normale d'un service. Des incidents dérisoires dont l'accumulation, sans éclat, sans fracas, avait fini par la détruire.

Elle a cru qu'elle pouvait résister.
Elle a cru qu'elle pouvait faire face.

Elle s'est habituée, peu à peu, sans s'en rendre compte. Elle a fini par oublier la situation antérieure, et le contenu même de son poste, elle a fini par oublier qu'elle travaillait dix heures par jour sans lever la tête.
Elle ne savait pas que les choses pouvaient basculer ainsi, sans retour possible.
Elle ne savait pas qu'une entreprise pouvait tolérer une telle violence, aussi silencieuse soit-elle. Admettre en son sein cette tumeur exponentielle. Sans réagir, sans tenter d'y remédier.

 

Souvent, Mathilde pense au jeu de Chambouletout dont les garçons raffolent. Ces boîtes de conserve vides qu'ils dégomment chaque année à la kermesse de l'école, en visant la base, jusqu'à ce que les dernières s'écroulent.
Elle est la cible et aujourd'hui il ne reste plus rien.

Mais quand elle y réfléchit, le soir, allongée dans son lit ou plongée dans l'eau brûlante d'un bain, elle sait très bien pourquoi elle se tait.

Elle se tait parce qu'elle a honte.


Delphine de Vigan - Les heures souterraines

 

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:35

Il avait oublié à quel point il était vulnérable. Est-ce que c'était ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontreux ? Est-ce que c'était ça, cette incertitude de soi, à quarante ans comme à vingt ? Et dans ce cas, qu'existait-il de plus pitoyable, de plus vain ?

 

"Il avait oublié à quel point il était vulnérable. Est-ce que c’était ça, être amoureux, ce sentiment de fragilité ? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontreux ? Est-ce que c’était ça, cette incertitude de soi, à quarante ans comme à vingt ? Et dans ce cas, qu’existait-il de plus pitoyable, de plus vain ?"

 

- Je voudrais qu'on arrête de se voir. Je ne peux plus, Lila, je ne peux plus. Je suis fatigué.
Les mots étaient d'une banalité insoutenable. Les mots usés étaient une injure faite à sa douleur. Mais il n'y en avait pas d'autres.
Lila s'est levée, elle a ouvert la portière. Elle est passée derrière la voiture pour accéder au coffre, elle est revenue à sa hauteur, son sac sur l'épaule, elle s'est penchée vers lui et elle a dit : merci.
Et puis après un silence : merci pour tout.
Il n'y avait sur son visage ni douleur ni soulagement, elle est entrée dans l'immeuble sans se retourner.
Il l'avait fait.

[...]

Il espère lui manquer, comme ça, d'un seul coup. Un vide vertigineux qu'elle ne pourrait ignorer. Il espère qu'au fil des heures elle soit gagnée par le doute, qu'elle prenne peu à peu la mesure de son absence. Il voudrait qu'elle se rende compte que jamais personne ne l'aimera comme il l'aime, par-delà les limites qu'elle impose, cette solitude fondamentale qu'elle oppose à ceux qui l'entourent mais n'évoque qu'à demi-mot.
C'est ridicule. Il est ridicule. Grotesque. Pour qui se prend-il ? En vertu de quelle supériorité, de quelle exception ?
Lila ne reviendra pas. Elle se le tiendra pour dit. A l'heure qu'il est, elle se félicite sans doute de cette issue : facile, légère, servie sur un plateau. Elle sait que les gens qui aiment au-delà de ce qu'on peut leur donner finissent toujours par peser.

Elle a souri. Comme si elle s'y attendait. Comme si elle avait eu tout le temps de s'y préparer.
Elle a dit merci. Merci pour tout.
Peut-on à ce point être aveugle au désespoir de l'autre ?

 

Delphine de Vigan - Les heures souterraines

 

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 08:22

"On sait toujours ce que les autres sont pour nous, mais on ne sait jamais ce que nous sommes pour les autres."

 

"On sait toujours ce que les autres sont pour nous, mais on ne sait jamais ce que nous sommes pour les autres."

 

Qu'est-ce qu'on fait d'un amour qui se pose au mauvais endroit, qui se trompe de personne ? Qu'est-ce que tu vas faire de cette passion, elle est si lourde elle est si vaste, elle ne peut pas te déserter, là, maintenant, en une nuit, c'est comme se cogner contre une vitre, marcher à reculons, dormir les yeux ouverts, c'est être morte, morte et vivante, ça n'existe pas, comment font les autres, tous ceux qui ne meurent pas d'amour ? Comment vivent-ils, comment retrouvent-ils un matin le goût des choses et des êtres ?

Véronique Olmi - Sa passion

 

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