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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 12:23
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Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 11:10

L’affaire du gang des barbares désigne les évènements reliés à la mort d'Ilan Halimi, enlevé en région parisienne puis séquestré et torturé par un groupe se faisant appeler « le gang des barbares » en janvier 2006. La victime a été choisie pour être enlevée par cette bande composée d'une vingtaine de personnes, dirigée par Youssouf Fofana, du fait de la richesse que ceux-ci lui prêtaient en raison de son appartenance à la communauté juive.

 

L’affaire a suscité une vive émotion en France, y compris au plus haut niveau de l’État, du fait de l’antisémitisme des auteurs du crime et des conditions de séquestration et de mort du jeune homme. Le procès s’est déroulé d'avril 2009 à juillet 2009, selon les règles de publicité restreinte puisque deux des membres du gang étaient mineurs au moment des faits.

  

Ilan Halimi, né le 11 octobre 1982, a été kidnappé le 21 janvier 2006 en région parisienne et torturé pendant les trois semaines suivantes dans une cité HLM de Bagneux dans les Hauts-de-Seine.

Découvert agonisant le 13 février 2006 le long d’une voie ferrée à Sainte-Geneviève-des-Bois dans le département de l’Essonne, il est décédé peu après lors de son transfert à l’hôpital.

L’autopsie réalisée le 14 février à l’hôpital d’Évry (Essonne), a révélé des « brûlures » sur 80 % du corps, de multiples « hématomes et contusions », « une plaie à la joue » faite au cutter et « deux plaies à l’arme blanche sous la gorge ». Mais le médecin légiste conclut : « Aucun des coups n’est mortel. » C’est l’ensemble des violences et tortures subies pendant trois semaines qui ont causé la mort. L’autopsie de son corps a révélé des brûlures, vraisemblablement causées par de l’alcool à brûler, sur l’ensemble du thorax et du dos, sur le front, les cuisses, les mollets, les bras et les mains. Le corps portait aussi trace de quatre plaies au cou, dont une à la veine jugulaire, ainsi qu’une « plaie pénétrante » à la hanche gauche, « causées par un instrument tranchant et piquant », d’après l’acte d’accusation.

Il apparaît aussi que le froid (l’enlèvement s’est passé fin janvier) et la faim ont contribué à l’affaiblissement de la victime.

Ses ravisseurs se faisaient appeler « le gang des barbares » et voulaient obtenir une rançon pour sa libération.

 

Le gang « des Barbares » était composé d’une vingtaine de personnes qui gravitaient autour d’un chef, Youssouf Fofana. Toutefois, les enquêteurs, évoquant plusieurs déplacements en Côte d'Ivoire de Youssouf Fofana durant le rapt, ont avancé l’hypothèse d’un autre chef. Son avocat a déclaré, sans autres précisions : « Il [est] parti deux fois en Côte d’Ivoire sur 21 jours [durant le rapt] […] il n’était peut-être pas le seul à diriger les choses. » et « Je ne suis pas convaincu qu’il puisse parler librement tant que d’autres personnes sont dehors ».

Des jeunes filles étaient utilisées pour attirer les victimes dans un guet-apens. Ilan Halimi ne serait pas la première victime du gang : il y aurait eu cinq tentatives d’approche avant lui, mais toutes auraient échoué.

 

Halimi fut torturé durant plusieurs semaines dans une cave d’une cité de Bagneux.

Le motif de ce crime est crapuleux : il s’agissait d’extorquer de l’argent à la famille de la victime, « supposée riche car juive ». Lorsque les ravisseurs se sont rendu compte que la famille ne disposait pas de la somme exigée - une somme dont le montant a varié de 450 000 € à 500 000 € -, ils ont chargé un rabbin choisi au hasard du bottin de récolter l’argent dans « sa communauté » pour payer la rançon. La motivation antisémite est rejetée comme motif, et niée avec énergie par Youssouf Fofana. Plusieurs membres du gang ont déclaré lors des interrogatoires qu’« un Juif, c’est riche », ce qui n’était pas le cas d’Halimi, issu d’une modeste famille, habitant dans la même banlieue que ses tortionnaires.

 

La police soupçonne aussi le clan des barbares de tentatives de racket sur des médecins et des personnalités en 2004, et se penche sur l’hypothèse d’un lien avec d’autres tentatives similaires exercées en 2002 sur les patrons ou membres influents d’entreprises, au nom d’un pseudo groupe palestinien. Par ailleurs, un officier de police a signalé que les membres du groupe ne sont pas connus comme extrémistes. Plusieurs se sont défendus d’être antisémites. Les juges en charge du dossier ont retenu l’antisémitisme comme circonstance aggravante du crime.

 

Ilan Halimi est enterré au cimetière de Guivat Shaoul à Jérusalem Ouest en Israël après le transfert de son corps depuis sa tombe française.

 

Fin février 2006, I>Télé annonce sur son antenne un « scoop ». Frank-Olivier Boli, correspondant en Côte d’Ivoire de l’émission I>Afrique, parvient, dans des circonstances jamais rendues publiques, à obtenir un entretien avec Youssouf Fofana.

Cette diffusion fera l’objet de violentes polémiques en raison des questions journalistiques, morales et déontologiques qu’elle soulève : au lieu d’interroger ses avocats, doit-on exploiter l’interview d’un prisonnier durant une garde à vue, du simple fait que cela se déroule à l’étranger ? De plus, la direction de la chaîne a remis une copie de l’enregistrement complet de l’interview aux forces de police françaises. Au-delà de la question journalistique et déontologique, cette diffusion a eu de considérables répercussions, notamment à l’égard de la communauté juive et de la famille de la victime.

En mars 2006, une plainte est déposée du fait d’un lourd soupçon de corruption (un commissaire de police aurait été rétribué) pour avoir négocié et payé l’accès à Y. Fofana lors de sa garde à vue en Côte d’Ivoire. Le 30 octobre 2006, à l’antenne de la station Europe 1, le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy déclare, concernant la décision d’I-Télé de diffuser la vidéo de Y. Fofana : « Quand je vois une chaîne qui a assez peu de morale, dans l’affaire Ilan Halimi, une interview du chef du gang, Youssef Fofana. Je m’interroge sur le rôle des médias. Donner la parole aux criminels plutôt qu’aux victimes, cela veut dire que nous n’avons pas les mêmes valeurs… ».

 

Dans cette interview réalisée le 24 février 2006 et diffusée sur I>Télé le lendemain, Youssouf Fofana tient des propos peu intelligibles. Il déclare qu’Ilan Halimi a été enlevé « à des fins financières » et qu’il n’a pas tué Ilan Halimi, mais affirme que « si la guillotine était là, on aurait pu la suggérer pour moi ». I-Télé aurait demandé l’avis de la famille Halimi avant de diffuser l’interview et la famille aurait donné son accord en déclarant qu’I-Télé faisait son travail de journaliste d’information. Cependant, après avoir visionné cette interview, l’avocat de la famille Halimi déclarait que : « La famille d’Ilan est indignée du cynisme et de la désinvolture de cet homme, de son indécence et de son obscénité quand il s’indigne de sa victimisation ».

 

Il y a 27 personnes mises en examen (18 hommes et 9 femmes) dans ce dossier, dont 19 ont été emprisonnées.

 

Youssouf Fofana

Youssouf Fofana, « cerveau des Barbares » autoproclamé. Né le 2 août 1980 à Paris (dans le XIIe), il est le 5e d’une fratrie de sept enfants (un de ses frères est handicapé mental et un autre a fait une peine de prison ferme). Son père, Bakary, est arrivé de Côte-d’Ivoire dans la capitale en 1964 ; il a été embauché comme manœuvre, puis comme ouvrier vitrier. Sa mère, Fatouma, était femme au foyer. En 1989, les Fofana ont déménagé dans un grand appartement à Bagneux, cité du Prunier-Hardy. La scolarité de Youssouf a été catastrophique au collège Joliot-Curie de Bagneux. Il n’a pas réussi à décrocher son BEP de comptabilité au lycée professionnel de Montrouge.

Dès l’âge de seize ans, il accumule les petits délits (13 sur sa fiche de police) et a été condamné cinq fois entre 2000 et 2003 pour vols, violences volontaires, deux braquages et agression d’un policier. Il aurait déjà passé quatre années en prison pour faits divers dont vol, et résistance aux forces de l’ordre. Il est donc bien connu des services de police nationale (outrages et rébellions) et d’Interpol. Son père sait que Youssouf a fait trois ans de prison après sa majorité mais il en a oublié la raison, et déplore qu’il n’ait « pas compris qu’il fallait changer et travailler honnêtement après ». Youssouf habitait à la maison, comme les autres enfants, mais ne rangeait jamais rien et n’aidait pas financièrement ses parents, contrairement à son cadet Mamadou. Aux yeux du père, Youssouf est « très croyant » : « Il fait la prière cinq fois par jour et va à la mosquée de Bagneux, mais par contre il ne travaille pas, et moi, ça m’énerve. Ça me fait mal. Moi, je suis vieux, je me lève tous les jours à six heures et Youssouf, lui, ne fait pas d’efforts. »

De ses six frères et sœurs, un a déjà été condamné à de la prison ferme.

Il a été arrêté dans la nuit du 22 février 2006 au 23 février 2006 à Abidjan par les gendarmes ivoiriens. Ses avocats ont essayé de s’opposer à son extradition en arguant de sa nationalité ivoirienne sans succès. Il a finalement été extradé le 4 mars. Fofana a reconnu avoir prémédité l’enlèvement d’Halimi depuis décembre 2005, lors d’un séjour en prison, l’avoir séquestré, lui avoir porté plusieurs coups de poignard, et donné l’ordre de le « saigner » car ne pouvant plus le garder. Il se serait ravisé et aurait ordonné qu’on le « lave » (à l’acide, afin d’effacer toute trace d’ADN), cependant il nie l’avoir tué et charge ses complices sur ce point.

Trois jours après la mort d’Ilan Halimi, alors qu’il se trouvait encore à Abidjan, il appelle le père de la victime pour lui demander s’il était content. Il appellera également la petite amie d’Ilan Halimi, pour la menacer.

En mai 2006, Youssouf Fofana contacte son avocat Maître Philippe Missamou et lui demande qu’il lui serve d’intermédiaire auprès des maisons d’édition pour écrire un livre relatant ses mémoires sur l’affaire.

Le 30 novembre 2006, une enquête pour « outrage à magistrat » est ordonnée à son encontre, suite à un courrier menaçant et insultant qu’il avait envoyé à la juge d’instruction Corinne Goetzmann. Il sera condamné à une année de prison. Fofana a été incarcéré dans de nombreux établissements de la Direction Interrégionale des services pénitentiaires de Paris et de Lille. Il a notamment fréquenté les établissements pénitentiaires de Villepinte, Amiens, Compiegne, Lille Sequedin. Il est considéré comme un détenu ingérable du fait de nombreuses pathologies mentales dont il souffre. Il est peu respecté et mal considéré par ses codétenus, qui le méprisent. Fofana est connu pour faire du prosélytisme islamique en détention.

  

Autres membres du gang

 

 Christophe Martin-Vallet

Christophe Martin-Vallet dit « Moko », féru d’informatique, qui aurait suggéré l’idée des rapts et aurait organisé les opérations de séduction des rabatteuses. Il aurait également amené Emma à son rendez-vous avec la victime, et l’aurait reconduite une fois la victime capturée. Il est également accusé de viol avec Fofana, par un des « appâts ». Il aurait participé à six tentatives d’enlèvement.

  

Jean-Christophe G.

Jean-Christophe G., « JC », « Zigo », mineur au moment des faits, violent, ce serait lui qui aurait torturé Halimi et écrasé un joint sur son front, et lui aurait donné des gifles et des coups de manche à balai. Il a été exclu de 4e du collège Béranger à Paris, et déjà interpellé pour vol de lecteur MP3 et possession de cannabis. Il aurait acheté quelques provisions (protéines liquides, pailles et ciseaux). Il témoigne :

« La victime a sans doute fait du bruit ou gémi, et comme je fumais un joint, j’ai appuyé un court instant ma cigarette au milieu de son front. J’ai ensuite écrasé mon mégot au sol. »

 

Samir Aït Abdelmalek

Samir Aït Abdelmalek, dit « Smiler », père de trois enfants, déjà condamné pour des affaires de drogue et de vol de voiture, aurait fourni l’appartement de la séquestration à Bagneux, avant qu’Ilan Halimi ne soit séquestré dans la chaufferie de l’immeuble. Samir est aussi considéré comme le bras droit de Youssouf Fofana qu’il connaissait depuis 10 ans. Il aurait fourni l’acide et donné un coup de cutter à la victime. Il aurait dû toucher 1 500 euros pour ses prestations.

Dans le procès-verbal du 18 février 2006 de son interrogatoire par la Brigade criminelle de Paris, Samir Aït Abdelmalek, déclare : « J’ai sorti la lame de cutter et après qu’il a mangé et bu, j’ai cherché un endroit où lui mettre un coup de cutter pour que ça saigne sans lui faire trop mal. Je ne voulais pas toucher à l’adhésif qui l’empêchait de hurler. Sans prévenir Ilan pour qu’il ne stresse pas, je lui ai mis un coup de cutter sur cinq ou six centimètres sur la joue gauche. Malgré le sparadrap, cela a saigné vite dans sa barbe qui n’avait pas été rasée. » Le policier qui interroge le jeune homme poursuit : « À ce moment, m’a-t-il expliqué, Ilan avait réussi à relever son bandage sur les yeux. Du coup, Youssouf avec un couteau lui a mis un coup dans la gorge vers la carotide puis un coup de l’autre côté de la gorge. Ensuite il a essayé de lui couper le bas de la nuque. Puis il lui a mis un coup de couteau dans le flanc. Il avait sûrement dû revenir avec un bidon d’essence car il m’a dit qu’il avait utilisé un bidon pour asperger Ilan avec ce combustible et l’a incendié sur place. À ce moment il m’a dit : « Cela a fait une grande flamme et je suis parti ». »

 

Yahia Touré Kaba alias « Yaks », analphabète, aurait été geôlier deux semaines et demi, aurait coupé les cheveux de la victime et fourni deux autres amis pour sa relève, « Fabrice » et « Baba ».

Il a témoigné en expliquant à propos de l’otage : « Il pissait dans une bouteille et faisait caca dans un sac en plastique. » Il serait impliqué dans une précédente tentative d’enlèvement.

 

Fabrice Polygone

Fabrice Polygone, étudiant en BTS, aurait été geôlier pendant toute la séquestration, et aurait aussi aidé à couper les cheveux de la victime. Il explique ce qu’il s’est passé un jour avant la mort d’Ilan Halimi :

« Dos contre le mur, jambes un peu repliées vers le torse. Il était en peignoir. J’ai vu nettement des traces d’éraflure ou de frottement sur le côté gauche de son torse, un peu partout, vers les côtes, le cou, la poitrine. Ça ne saignait pas. »

« Nabil, Zigo et moi, on devait le laver avec de l’eau, du gel douche qui se trouvait sur place et des gants de toilette. Je lui ai coupé les cheveux. Zigo et Nabil ont trouvé que ce n’était pas assez court et ils ont essayé de lui raser les cheveux avec un rasoir mécanique à deux lames, noir ou bleu. »

Jérôme Ribeiro

Jérôme Ribeiro, alias « coup de tête », issu d’une famille de six frères et sœurs, il n’avait plus de travail depuis la mi-décembre 2005, il était manutentionnaire intérimaire. Soupçonné d’avoir participé à l’élaboration du projet d’enlèvement et « Il était plus qu’un geôlier », selon une source judiciaire. Son témoignage aurait permis aux forces de l’ordre de remonter à d’autres membres du gang. Il a quitté le groupe à la fin du mois de janvier 2006. Des autocollants antisémites et des documents à la gloire des nazis ont été découverts dans l’appartement où il avait vécu. Il déclare :

« Il m’a demandé si je voulais me faire beaucoup d’argent, j’ai répondu oui. Il m’a indiqué qu’il suffirait de garder trois jours un homme. »

Il a été impliqué dans une autre tentative d’enlèvement : chargé de brûler un véhicule pour faire diversion, il se brûlera au cou et au visage.

 

Giri Oussivo N'Gazi

Giri Oussivo N’Gazi, un ami de Jérôme, qui aurait été geôlier.

 

Francis N'Gazi

Francis N’Gazi : il aurait été geôlier aussi, et aurait fourni son appartement pour les réunions de groupe. Il est voisin de l’appartement des Fofana. Il aurait également fourni d’autres « filles-appâts » à Youssouf Fofana dans une autre affaire.

 

Nabil Moustafa

Nabil Moustafa, alias « Bilna », livreur de pizza et footballeur, aurait été geôlier et aurait amené Cédric dans le groupe.

Il témoigne : « Lorsque j’ai soulevé sa couverture, j’ai vu des taches de sang sur son pyjama avec des trous, au niveau des jambes et du ventre. Quand on l’a déshabillé, j’ai vu des plaques rouges sur son ventre (…), ça ressemblait un peu à des brûlures. »[réf. nécessaire]

« On a dit qu’on en avait assez. Le boss a réfléchi et il a décidé qu’il n’y avait plus que ce soir là, que l’autre devait dégager. » Il serait également impliqué dans une autre tentative d’enlèvement.

  

Cédric Birot Saint-Yves

 Cédric Birot Saint-Yves, alias « Babas », ami de Nabil, qui aurait été geôlier. Il déclare :

« Dès le premier jour, j’ai pu constater que l’otage présentait des traces de brûlures par mégots au niveau des côtes et du dos. »

Les coups auraient débuté après un premier échec de remise de rançon.

« Tous les quatre, Nabil, Yahia, Jérôme et moi, nous lui avons mis des tartes quand il gémissait pour avoir des cigarettes (…) Il m’est arrivé aussi de lui mettre de petits coups de balai sur les jambes, cuisses ou mollets. »

Il est mis en examen pour séquestration, actes de torture et de barbarie.

Le 5 janvier 2009, il est condamné par le tribunal de Créteil à cinq mois de détention ferme pour avoir utilisé un téléphone portable dans l’enceinte de la prison de Fresnes (Val-de-Marne) où il était incarcéré. Sa sœur cadette a écopé de deux mois avec sursis pour lui avoir transmis la puce électronique.

 

Gilles Serrurier

 Gilles Serrurier. 39 ans au moment des faits, il était le gardien de l’immeuble où était séquestré Ilan Halimi. Il aurait prêté à ses bourreaux l’appartement, ou du moins la chaufferie où ils l’ont torturé et tué. Ancien enfant de la DDASS, endetté par un divorce, père de deux enfants, il aurait notamment remis les clefs de la chaufferie à Samir.

Il est incarcéré pour « complicité de séquestration en bande organisée. »

 

Jean-Christophe Soumbou

 Jean-Christophe Soumbou alias « Marc » alias « Crim » alias « Craps » : ancien codétenu de Youssouf Fofana, il fait un séjour à la prison de Nanterre, où il était incarcéré pour vol avec violence. De corpulence musclée, il se rendra le 10 avril 2006 sous la pression exercée par la police sur son entourage. Il reconnaît avoir recruté deux hommes de main et fourni la voiture utilisée pour enlever la victime. Refusant de dévoiler le nom de ses deux complices, au motif que cela le mettrait en danger lui et sa famille, ceux-ci ne seront pas arrêtés.

Il a été placé en garde à vue après sa déposition. Il est également impliqué dans d’autres tentatives d’enlèvement.

 

Franco Louise

 Franco Louise, originaire de l’île Maurice et alias « Pak-Pak », ancien champion de France de boxe thaïlandaise à 23 ans, qui serait impliqué dans trois tentatives d’enlèvement. Il aurait rendu service à Fofana après que ce dernier l’a aidé à mener une expédition punitive suite à une agression dont il aurait été victime. Il sera interpellé lors d’une tentative d’enlèvement qui échoua en octobre 2005, alors que Fofana parvient à s’enfuir.

Il n’est pas poursuivi dans l’affaire Halimi à proprement parler mais dans d’autres tentatives d’enlèvement jugées en même temps, sous les ordres de Youssouf Fofana. Il a plaidé coupable pour avoir fourni des voitures à Youssouf Fofana.

 

Almane Diallo

Almane Diallo ou Alhassane, prêteur sur gages, soupçonné d’avoir pu servir d’intermédiaire dans le cas où une remise d’argent aurait été organisée. Il a été un des premiers arrêté et mis en détention provisoire dans l’affaire.

  

Jérémy Pastisson

 Jérémy Pastisson, il aurait participé à plusieurs tentatives d’enlèvement - dont une échouera grâce à l’intervention des voisins : le 5 janvier 2006, Mickael Douïeb est menotté et attaqué à coup de barres de fer, et insulté parce que juif.

Son véhicule aurait servi à transporter Ilan Halimi.

 

Yassin N.

Yassin N., qui aurait été un homme de main recruté par Jean-Christophe Soumbou. Il s’est rendu à la police le 11 avril 2006, mais a été remis en liberté : il n’aurait pas participé au meurtre, ni au rapt d’Ilan Halimi.

 

Tiffenn Gouret

 Tiffenn Gouret, qui aurait fourni des appâts à Fofana, qu’elle admire. C’est aussi l’ex petite amie de Jean-Christophe G., et une amie de Emma, qu’elle mettra en contact avec Fofana, et qu’elle coachera pour son rôle d’appât. Elle recueille les confessions d’Emma (Yalda) après que cette dernière a attiré Ilan Halimi dans le guet-apens. Elle déclare :

« J’ai fait ça pour rendre service », [à Youssouf Fofana]. Lors d’une autre tentative d’enlèvement, elle fournira directement les coordonnées et les habitudes d’un de ses camarades. Après l’enlèvement, elle conseillera à Emma de se teindre les cheveux. Elle lui répète que « ce n’est pas grave ».

Emma X.

Emma : elle a servi d’appât pour piéger Ilan Halimi le 20 janvier.

D'origine iranienne et mineure au moment des faits, « Yalda se disant Emma » est arrivée en France à l'âge de 11 ans en 1998. Sa mère (infirmière) est réfugiée politique et son père est décédé dans un accident de voiture en Iran. Emma, dont la sœur est handicapée mentale (handicap qui aurait été causé par la maltraitance du père violent), est instable et immature. En 2001, à l'âge de 14 ans, elle a été violée par trois garçons, mais sa mère a retiré sa plainte après avoir appris que sa fille aurait été consentante selon les déclarations des trois auteurs. Suivie par un juge pour enfants de Bobigny et des éducateurs spécialisés, elle a tenté de se suicider à plusieurs reprises. Élève de seconde, à l’internat de Thiais, dans le Val-de Marne, multiredoublante, elle est considérée comme une élève médiocre. Après avoir rencontré Fofana et être devenue la maîtresse de plusieurs voyous du gang des barbares (ce qu'elle a toujours nié), il lui aurait déclaré : « Avec toi, je peux faire des merveilles. », avant de lui montrer les boutiques « juives » du boulevard Voltaire, à Paris. Séductrice et influençable, Emma « aime plaire », ont affirmé les experts psychiatres. Avec le chef de clan dominateur, elle s'est sentie « valorisée ».

Elle a reconnu avoir servi d’« appât » pour amener Halimi dans leur repaire. Elle a également reconnu s’être rendue dans la boutique de téléphonie où travaillait Ilan Halimi, et lui avoir laissé son numéro de téléphone, avant de lui fixer un rendez-vous à Sceaux dans le sud de Paris avant de l'entraîner à Bagneux où « deux ou trois gros bras », dont Fofana, ont maîtrisé Ilan Halimi avant de le séquestrer.

Elle a rapporté aux enquêteurs ce témoignage à propos de Y. Fofana : « D’après lui, les juifs étaient les rois, car ils bouffaient l’argent de l’État et lui, comme il était noir, était considéré comme un esclave par l’État. »

Elle déclare aussi : « Youssouf, il explique tellement bien les choses qu’on dirait qu’il n’y a rien de grave. »

Lorsque la juge d’instruction lui demande : « Avez-vous conscience que c’est vous et bien vous seule qui avez choisi la victime ? » Elle répond : « Oui ». La jeune fille, qui dément avoir été l’ex-petite amie de Y. Fofana (comme il l’affirme), nie avoir touché de l’argent (malgré la promesse de 3 000 à 5 000 euros) pour avoir participé à la séquestration d’Ilan Halimi. C'est sans doute la vérité. En revanche, elle a bénéficié d’une nuit d’hôtel 3 étoiles (108 euros), payée par Fofana en remerciement, pour elle et son ami Samir, le soir de l’enlèvement. En prison, elle aurait effectué trois tentatives de suicide. En octobre 2007, elle a été hospitalisée pour une tentative de suicide dans sa cellule de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne).

Elle avait été mise en examen pour « complicité » et « association de malfaiteurs ».

En février 2008, Emma avait écrit aux parents de la victime pour leur confier son sentiment de culpabilité, assurant : « Je souffre tellement de vous avoir fait autant de mal. » Pendant son procès, les proches du jeune supplicié espèraient qu'elle autoriserait la levée du huis clos prévu par la loi pour la protéger, car elle était mineure à l'époque des faits. Mais son avocate, Me Dominique Attias, a signifié un refus : « Les débats, qui seront sûrement extrêmement douloureux, doivent se dérouler dans la sérénité. », a-t-elle tenté de justifier, comprenant les dangers que représente un jury populaire d'assises. Aux enquêteurs, puis aux psychiatres, l'adolescente a tenté d'expliquer, sans émotion particulière, pourquoi elle s'est retrouvée à jouer un rôle de premier plan dans le rapt d'Ilan pour « rendre service » - et contre la promesse de 5 000 euros.

 

Audrey Lorleach

 Audrey Lorleach, dite « Léa » ou « Natacha », jeune fille qui aurait servi auparavant d’« appât ». Jeune étudiante en assistance médicale, elle est la petite amie clandestine de Jérôme Ribeiro. À la recherche d’un plan pour gagner de l’argent, ce dernier la présente à Fofana, qui la recrute pour servir d’appât. Ses deux tentatives d’aguicher des jeunes hommes n’aboutissent pas, et Fofana, non sans avoir insisté, abandonnera l’idée de recourir à ses services. Mise au courant de l’enlèvement d’Ilan Halimi par son ami Jérome, elle ne se signalera à la police que deux jours après l’annonce de la mort du jeune homme. Elle est très amie de Murielle, qui l’a poussée à se dénoncer. Elle a retrouvé la liberté après neuf mois de détention provisoire.

 

Sabrina Fontaine

Sabrina Fontaine : amie de Franco Louise, elle serait impliquée dans une tentative d’enlèvement en octobre 2005. Elle sera interpellée peu après le passage d’un véhicule de police qui met la tentative d’enlèvement en échec.

 

Ruth

Ruth : présentée par Tiffen à Fofana, 15 ans au moment des faits supposés, elle aurait aussi servi d’appât ; avec l’argent versé par Fofana (80 euros), après avoir obtenu un numéro de téléphone, elle se serait acheté des bottes.

 

Sarah

Sarah : elle aurait aussi servi d’appât, et aurait tenté (en vain) de séduire une proie rencontrée par Alexandra au Queen.

 

Autres personnes impliquées

 

 Alcino Ribeiro

Alcino Ribeiro : père de Jérome Ribeiro, ce maçon de 52 ans, et sa belle-mère, sont accusés par sa copine Leila, de les avoir dissuadé de parler, en leur conseillant de faire profil bas. Alcino Ribeiro comparait libre au procès.

Le procureur a requis une peine ferme symbolique à son encontre, « parce que c’est le seul adulte qui avait une autorité, qui savait, mais qui n’a rien dit. »

  

Christine G.

Christine G. : gardienne d’immeuble, c’est l’épouse d’Alcino Ribeiro. Elle est aussi accusée de n’avoir pas dénoncé les faits.

 

Murielle Izouard

 Murielle Izouard, amie d’Audrey, ne semble pas faire partie des opérations mais a été inculpée de « non-dénonciation de crime ».

Elle s’est indignée des aveux de son amie et lorsqu’elle a reconnu le portrait-robot d’Audrey dans les journaux, elle l'a immédiatement alertée.

« Je n’ai rien dit, car je n'y croyais pas. »

En revanche, elle a poussé Audrey à se dénoncer.

Admissible à l’écrit au concours de gardien de la paix, elle n’a pas pu passer l’oral de l’examen, mise en examen pendant cette période.

Incarcérée provisoirement, le juge des libertés a ordonné sa libération.

 

Leila Appolinaire

Leila Appolinaire, petite amie régulière de Jérôme Ribeiro, a été mise au courant des faits, mais les parents de Jérôme l’auraient dissuadée de les dénoncer pour ne pas faire porter le chapeau qu’à Jérôme.

  

Alexandra Sisilia

Alexandra Sisilia aurait servi d’appât précédemment, et elle a déclaré avoir été violée par Y. Fofana, C. Martin et J. Ribeiro - une instruction sur cette agression a été ouverte par le parquet de Paris en mai 2006 et sera conclue par un non-lieu.

Elle aurait été impliquée dans une autre tentative d’enlèvement sur Michael D., qui aurait échoué grâce à des passants dans la rue, le 6 janvier 2006. Elle n’aurait plus agi pour le groupe à partir de cette date. Elle a également été mise en détention provisoire.

 

Isabelle Mensah

Isabelle Mensah, confidente de Yalda, 18 ans au moment des faits, et dans le même lycée que Tiffen, qui était au courant des faits mais ne les a pas dénoncés. Elle témoigne : « Pour moi, c’est un truc de malade. J’y ai cru, mais je ne réalisais pas ».

 

Arrestation de Youssouf Fofana

Youssouf Fofana, qui s’était réfugié en Côte d’Ivoire le 15 février, revendiquait une prétendue nationalité ivoirienne pour s’opposer à son extradition vers la France. Visé par un mandat d’arrêt international, il est arrêté à Abidjan le 22 février et incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Youssouf Fofana s’était attaché les services de cinq avocats ivoiriens, qui avançaient que ce jeune Français de 26 ans, né en France, avait la double nationalité, son père étant ivoirien.

Si ce fait avait été avéré, cela aurait effectivement bloqué l’extradition, la Côte d’Ivoire n’extradant pas ses ressortissants. Selon Francis Szpiner - l’avocat de la famille de la victime, Ilan Halimi - il s’agit d’« une affaire très simple » : Youssouf Fofana, né dans l’Hexagone, ne s’est jamais « prévalu » de la nationalité ivoirienne, c’est « un citoyen français. Il est entré en Côte d’Ivoire avec un passeport français. Il était muni d’un visa, ce que tout étranger fait lorsqu’il veut rentrer dans un pays, et c’est donc un Français qui est en fuite ».

Le 2 mars 2006, la justice ivoirienne a autorisé l’extradition vers la France du principal suspect dans l’affaire du « Gang de Bagneux ». Aucun recours n’est possible sur la décision judiciaire, rendue par la chambre d’accusation d’Abidjan, réunie à huis clos. L’extradition devient exécutoire lorsque le président ivoirien Laurent Gbagbo signe le décret après quelques interventions politiques très insistantes. La France affrète alors un transall avec une dizaine de gendarmes en tenue de combat pour rapatrier Youssouf Fofana sous très haute sécurité. Le 5 mars 2006, Fofana voyagera 6 heures allongé, face contre le plancher de l'avion, menotté et entravé au sol, les chaussures des gendarmes en pression sur le visage sur les chevilles afin d'empêcher tout mouvement, toute parole, tant son attitude a été négative. « Cette solution extrème n'était pas envisageable dans un avion de transport commercial, même vide. Mais nous n'avons pas eu le choix. Seul un avion militaire, non soumis aux même règles et conditions de sécurité, nous permettait de rapatrier un mis en cause aussi incontrolable. » selon le témoignage anonyme d'un gendarme au cours du procès en appel de décembre 2010. A l'avocat de Fofana qui se plaignait du traitement inhumain infligé à son client, le responsable du dispositif policier a déclaré au tribunal « Fofana n'a pas reçu de coups car nous avons agi en professionnels, mais son attitude (outrages permanents contre nous, contre la France, contre Israel, les juifs, ainsi que des violences qu'il a tenté de nous infliger sans succès au cours du transfèrement et de l'embarquement) ne méritait pas autant d'égards. Cependant nous avions des instructions et nous savions que nous étions attendus à l'arrivée. »

Le 5 mars 2006, Youssouf Fofana est rapatrié, et aussitôt mis en examen pour « association de malfaiteurs, enlèvement, séquestration en bande organisée avec actes de tortures et de barbarie, assassinat » avec circonstance aggravante de faits commis « en raison de l’appartenance de la victime à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée » par les juges Corinne Goetzmann et Baudoin Thouvenot.

 

Procès en première instance

Le procès s’ouvre le 29 avril 2009 et dès la première audience, Youssouf Fofana se livre à des provocations. Il arrive tout sourire et jette le doigt en l’air un « Allah vaincra ». Lorsqu’on lui demande son identité et sa date de naissance lors de l’audience, il répond « arabe africain islamiste salafiste » et donne le 13 février 2006 à Sainte-Geneviève des Bois, date et lieu de la mort de sa victime, Ilan Halimi. Le procès est tenu selon les règles de publicité restreinte, car certains des accusés étaient mineurs au moment des faits.

Youssouf Fofana est condamné le 11 juillet 2009 à la peine maximale en droit français pour ce crime, soit la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Il décide de faire appel de cette condamnation mais se rétracte finalement peu après,cette condamnation a perpétuité devenant définitive. Les autres verdicts vont de 18 ans de prison ferme à l’acquittement.

A la demande de Michèle Alliot-Marie, Garde des Sceaux , le parquet a fait appel pour les condamnations inférieures aux réquisitions de l’avocat général soit 14 sur 27.

 

Verdict par accusé en 1e instance après le premier procès (11 juillet 2009)

Youssouf Fofana Perpétuité + 22 ans sûreté Perpétuité + 22 ans sûreté Décision définitive

Samir Aït Abdelmalek 20 ans fermes 15 ans de prison Appel du parquet

Jean Christophe Soumbou 20 ans fermes 18 ans de prison Appel du parquet

Jean Christophe X. 15 ans fermes 15 ans de prison Décision définitive

Emma X. (Yalda) 10 - 12 ans fermes 9 ans de prison Appel du parquet

Cédric Birot Saint-Yves 12 ans fermes 11 ans de prison Appel du parquet

Fabrice Polygone 12 ans fermes 11 ans de prison Appel du parquet

Yayia Touré Kaba 12 ans fermes 11 ans de prison Appel du parquet

Nabil Moustafa 13 ans fermes 13 ans de prison Décision défintive

Tifenn Gourret 10 ans fermes 9 ans de prison Appel du parquet

Franco Louise 8-10 ans fermes 5 ans de prison Appel du parquet

Christophe Martin-Vallet 8-10 ans fermes 10 ans de prison Décision définitive

Francis Oussivo N’Gazi 6-8 ans fermes 7 ans de prison Décision défintive

Guiri Oussivo N’Gazi 5-7 ans fermes 6 ans de prison Décision définitive

Jérémy Pastisson 5-7 ans fermes 3 ans de prison Appel du parquet

Jérôme Ribeiro 12 ans fermes 10 ans de prison Appel du parquet

Gilles Serrurier 10 ans fermes 9 ans de prison Appel du parquet

Alexandra Sisilia 8-10 ans fermes 8 ans de prison Décision définitive

Alhassane D. 5 ans sursis Acquitté Appel du parquet

Kamel F. 5 ans sursis Acquitée Décision défintive

Alcino Ribeiro 1 an ferme 8 mois de prison Appel du parquet

Audrey Lorleach 3 ans dont 28 mois de sursis 2 ans de prison, dont 16 mois avec sursis Appel du parquet

Muriel Izouard rien Acquittée Décision définitive

Leila Appolinaire Acquitée 6 mois de prison avec sursis, avec effacement du casier judiciaire Décision définitive

Christine G. 1 an de sursis 6 mois de prison avec sursis Décision définitive

Isabelle Mensah 18 mois sursis 6 mois de prison avec sursis Décision définitive

Sabrina Ruiz. 5 ans fermes 3 ans de prison Appel du parquet

 

Procès en Appel

 L'avocat général a requis en appel des peines plus lourdes pour huit des dix-sept accusés. Tous sont jugés pour la séquestration, la torture et la mort d'Ilan Halimi. Dix-sept des 27 personnes accusées de l'enlèvement et de la mort du jeune juif de 23 ans en 2006 avaient en effet été condamnés mi-2009 à des peines inférieures aux réquisitions de l'avocat général Philippe Bilger. Laurent le Mesle, procureur général de Paris de l'époque, avait donc demandé un nouveau procès sur instruction du garde des Sceaux pour ces 17 accusés. Dans le cadre de cet appel, le nouvel avocat général, Jean-Paul Content, a fait jeudi 09 décembre 2010 un réquisitoire de huit heures et a demandé des peines réduites pour cinq accusés, identiques pour quatre, et aggravées pour huit. Un acquittement a été demandé pour l'un des accusés.

Comme en première instance, la peine la plus lourde - 20 ans de réclusion - a été requise contre Jean-Christophe Soumbou, qui aurait participé au rapt, et Samir Aït-Abdelmalek, qui avait trouvé le lieu de la séquestration, dans une cité HLM de Bagneux. D'autres acteurs-clés ont vu leurs réquisitions aggravées. Dix-huit ans - contre 13 en première instance - ont été demandés contre le seul accusé jugé avec la cirscontance aggravante de l'antisémitisme, soupçonné d'avoir été un des geoliers et d'avoir infligé des actes de torture. Seize ans ont été requis -à comparer aux 13 requis en 2009- contre l'autre geolier Nabil Moustafa, 12 à 13 ans contre X se disant Emma ayant servi à appâter Ilan Halimi (10 à 12 au premier procès). « Les réquisitions ont montré l'utilité d'un procès en appel », a estimé Me Francis Szpiner, l'avocat de la famille Halimi. « Elles ont été un réconfort pour Mme Halimi parce qu'elle a eu le sentiment (...) que rien n'a été occulté ni la gravité des faits ni leur caractère antisémite ».

Youssef Fofana, le leader du groupe n'était pas rejugé. Condamné à la prison à perpétuité, il avait été question qu'il soit entendu. Compte tenu de son attitude irrationnelle, imprévisible, et de son très mauvais comportement en détention, le président avait finalement préféré ne pas prendre le risque de voir le «cerveau» du gang se livrer à de nouvelles provocations.

Finalement, le 17/12/2010 la cour d'appel des mineurs de Créteil rendra des verdicts sensiblement identiques à ceux de la première instance. 6 mis en cause verront leur peine légèrement aggravée, ce qui fera dire à Maître Spziner que le jugement attendu par la famille est, d'un certain point de vue, décevant.

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 10:56

Femmes damnées (1)

 

Comme un bétail pensif sur le sable couchées,

Elles tournent leurs yeux vers l'horizon des mers,

Et leurs pieds se cherchant et leurs mains rapprochées

Ont de douces langueurs et des frissons amers.

 

Les unes, coeurs épris des longues confidences,

Dans le fond des bosquets où jasent les ruisseaux,

Vont épelant l'amour des craintives enfances

Et creusent le bois vert des jeunes arbrisseaux ;

 

D'autres, comme des soeurs, marchent lentes et graves

A travers les rochers pleins d'apparitions,

Où saint Antoine a vu surgir comme des laves

Les seins nus et pourprés de ses tentations ;

 

Il en est, aux lueurs des résines croulantes,

Qui dans le creux muet des vieux antres païens

T'appellent au secours de leurs fièvres hurlantes,

Ô Bacchus, endormeur des remords anciens !

 

Et d'autres, dont la gorge aime les scapulaires,

Qui, recélant un fouet sous leurs longs vêtements,

Mêlent, dans le bois sombre et les nuits solitaires,

L'écume du plaisir aux larmes des tourments.

 

Ô vierges, ô démons, ô monstres, ô martyres,

De la réalité grands esprits contempteurs,

Chercheuses d'infini, dévotes et satyres,

Tantôt pleines de cris, tantôt pleines de pleurs,

 

Vous que dans votre enfer mon âme a poursuivies,

Pauvres soeurs, je vous aime autant que je vous plains,

Pour vos mornes douleurs, vos soifs inassouvies,

Et les urnes d'amour dont vos grands coeurs sont pleins !

 

 

Femmes damnées (2)

 

 

A la pâle clarté des lampes languissantes,

Sur de profonds coussins tout imprégnés d'odeur

Hippolyte rêvait aux caresses puissantes

Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

 

Elle cherchait, d'un oeil troublé par la tempête,

De sa naïveté le ciel déjà lointain,

Ainsi qu'un voyageur qui retourne la tête

Vers les horizons bleus dépassés le matin.

 

De ses yeux amortis les paresseuses larmes,

L'air brisé, la stupeur, la morne volupté,

Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,

Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

 

Etendue à ses pieds, calme et pleine de joie,

Delphine la couvait avec des yeux ardents,

Comme un animal fort qui surveille une proie,

Après l'avoir d'abord marquée avec les dents.

 

Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,

Superbe, elle humait voluptueusement

Le vin de son triomphe, et s'allongeait vers elle,

Comme pour recueillir un doux remerciement.

 

Elle cherchait dans l'oeil de sa pâle victime

Le cantique muet que chante le plaisir,

Et cette gratitude infinie et sublime

Qui sort de la paupière ainsi qu'un long soupir.

 

- " Hippolyte, cher coeur, que dis-tu de ces choses ?

Comprends-tu maintenant qu'il ne faut pas offrir

L'holocauste sacré de tes premières roses

Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

 

Mes baisers sont légers comme ces éphémères

Qui caressent le soir les grands lacs transparents,

Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières

Comme des chariots ou des socs déchirants ;

 

Ils passeront sur toi comme un lourd attelage

De chevaux et de boeufs aux sabots sans pitié...

Hippolyte, ô ma soeur ! tourne donc ton visage,

Toi, mon âme et mon coeur, mon tout et ma moitié,

 

Tourne vers moi tes yeux pleins d'azur et d'étoiles !

Pour un de ces regards charmants, baume divin,

Des plaisirs plus obscurs je lèverai les voiles,

Et je t'endormirai dans un rêve sans fin ! "

 

Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :

- " Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,

Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,

Comme après un nocturne et terrible repas.

 

Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes

Et de noirs bataillons de fantômes épars,

Qui veulent me conduire en des routes mouvantes

Qu'un horizon sanglant ferme de toutes parts.

 

Avons-nous donc commis une action étrange ?

Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :

Je frissonne de peur quand tu me dis : " Mon ange ! "

Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

 

Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée !

Toi que j'aime à jamais, ma soeur d'élection,

Quand même tu serais une embûche dressée

Et le commencement de ma perdition ! "

 

Delphine secouant sa crinière tragique,

Et comme trépignant sur le trépied de fer,

L'oeil fatal, répondit d'une voix despotique :

- " Qui donc devant l'amour ose parler d'enfer ?

 

Maudit soit à jamais le rêveur inutile

Qui voulut le premier, dans sa stupidité,

S'éprenant d'un problème insoluble et stérile,

Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté !

 

Celui qui veut unir dans un accord mystique

L'ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,

Ne chauffera jamais son corps paralytique

A ce rouge soleil que l'on nomme l'amour !

 

Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;

Cours offrir un coeur vierge à ses cruels baisers ;

Et, pleine de remords et d'horreur, et livide,

Tu me rapporteras tes seins stigmatisés...

 

On ne peut ici-bas contenter qu'un seul maître ! "

Mais l'enfant, épanchant une immense douleur,

Cria soudain : - " Je sens s'élargir dans mon être

Un abîme béant ; cet abîme est mon cœur !

 

Brûlant comme un volcan, profond comme le vide !

Rien ne rassasiera ce monstre gémissant

Et ne rafraîchira la soif de l'Euménide

Qui, la torche à la main, le brûle jusqu'au sang.

 

Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,

Et que la lassitude amène le repos !

Je veux m'anéantir dans ta gorge profonde,

Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux ! "

 

- Descendez, descendez, lamentables victimes,

Descendez le chemin de l'enfer éternel !

Plongez au plus profond du gouffre, où tous les crimes,

Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

 

Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d'orage.

Ombres folles, courez au but de vos désirs ;

Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,

Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

 

Jamais un rayon frais n'éclaira vos cavernes ;

Par les fentes des murs des miasmes fiévreux

Filtrent en s'enflammant ainsi que des lanternes

Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

 

L'âpre stérilité de votre jouissance

Altère votre soif et roidit votre peau,

Et le vent furibond de la concupiscence

Fait claquer votre chair ainsi qu'un vieux drapeau.

 

Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,

A travers les déserts courez comme les loups ;

Faites votre destin, âmes désordonnées,

Et fuyez l'infini que vous portez en vous !

 

Charles BAUDELAIRE (1821-1867) 

 

 

 

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 10:08

LE JARDIN

 

Des milliers et des milliers d'années

Ne sauraient suffire

Pour dire 

La petite seconde d'éternité

Où tu m'as embrassé

Où je t'ai embrassée

Un matin dans la lumière de l'hiver

Au parc Montsouris à Paris

À Paris 

Sur la terre 

La terre qui est un astre.

 

[Jacques Prévert]

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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 09:55
Eh ! cette nuit dans ce lit tu es si jolie...
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13 janvier 2011 4 13 /01 /janvier /2011 09:35

Hummer fut une marque automobile appartenant au groupe automobile américain General Motors (GM). Il s'agissait d'une série de véhicule utilitaire sport dérivée du véhicule tout-terrain militaire Humvee. Suite aux déboires financier de GM en 2008, la marque a été mise en vente. Le groupe chinois Sichuan Tengzhong Heavy Industrial Machinery avait conclu l'achat pour le 9 octobre 2009, sous réserve de l'approbation des autorités chinoises. Cependant, ces dernières furent réticentes à donner leur accord. Le 24 février 2010, General Motors annonça l'échec de la vente et la disparition de la marque.

Forte de sa réputation de voiture de beauf ou "de gros con d'Américain", cette voiture est l'idéale pour se faire remarquer en plein Paris, pour polluer plus que de raisons et pour avoir l'air d'un con alors que l'effet de départ est censé être inverse. On va donc regretter la fin de cette totomobile qui va, à présent, devenir un modèle pour collectionneur...

Dis donc, c'était vraiment très intressant cette hummer du jour !
A la Ste Yvette, rabats la lunette, je vais te prendre sur la cuvette...
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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 19:21

Le Nil est la voie qu'empruntaient les Égyptiens pour se déplacer. Il apporte la vie en fertilisant la terre et garantit l'abondance. Il joua un rôle très important dans l'Égypte antique, du point de vue économique, social (c'était autour de lui que se trouvaient les plus grandes villes), agricole (grâce au précieux limon des crues) et religieux. Fleuve nourricier d'un grand peuple, il fut divinisé sous le nom d'Hâpy, personnification divine du Nil dans la mythologie égyptienne.

 

La crue du Nil, qui avait lieu chaque été et qui apportait le limon noir permettant la culture de ses rives, est restée longtemps un phénomène inexpliqué. C'est de ce limon noir que vient le nom antique de l'Égypte, Kemet, qui veut dire « la terre noire ».

 

De nos jours, les eaux limoneuses du Nil sont captées et redistribuées sur les terres agricoles grâce aux barrages de Ziftah, d'Assiout, d'Hammadi, d'Esna et surtout des deux barrages géants d'Assouan, l'ancien et le grand barrage, dont la construction dans les années 1970 a nécessité le déplacement de plusieurs temples, dont celui d'Abou Simbel, qui auraient été noyés dans la retenue du lac Nasser.

 

Vu depuis l'espace, le Nil se distingue nettement par sa vallée verte au milieu du désert.

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:27

Emmène-moi,

où tu voudras,

mais pas chez moi.

Alors je te ferais,

comme il se doit,

Mais pas chez moi.

Du trash et des baisers.

Je saurais m'oublier,

dans un lieu sans passé.

Sans le bruit des murs, sans cette odeur cassée.

Chez les autres filles, il y a des draps, mais pas chez moi.

Et chez les autres filles, on se sent chez soi, mais pas chez moi.

Chez elles c'est sans danger.

On reste sans hurler,

dans ces lieux décorés,

Où les murs se cassent, où tout m'est étranger.

Chez moi c'est rien, ça n'existe pas.

On s'y sent mal et tout est fait pour ça.

Chez moi le vent, il ne passe pas,

c'est plein de choses qui ne sont pas pour toi.

Non ce n'est rien c'est bien pire que ça,

c'est quelque chose que l'on oublie pas.

Chez moi les gens ils ne respirent pas,

et toi non plus tu n'en sortirais pas.

Du trash et des baisers,

je voudrais oublier,

dans un lieu sans passé,

le bruit de mes murs et leur odeur cassée.

Non ce n'est rien, c'est bien pire que ça,

c'est quelque chose que l'on oublie pas.

Chez moi les gens, ils ne respirent pas,

et toi non plus tu n'en sortirais pas.

Chez moi c'est rien, ça n'existe pas

On s'y sent mal et tout est fait pour ça.

Chez moi le vent, il ne passe pas.

C'est plein de choses qui ne sont pas pour toi.

Mais ce n'est rien, c'est bien pire que ça

C'est quelque chose que l'on n'oublie pas.

Chez moi les gens, ils ne respirent pas,

et toi non plus tu n'en sortirais pas

 

ashley-greene-alice-cullen-de-twilight-nue

 

ashley-greene-maxim-05

 

ashley-greene-interview

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 10:52
Quand j'étais petit, je n'étais pas grand, je montrais mon cul à tous les passants.
Mais quand j'étais petit, j'écoutais aussi The Police, groupe phare éclairé ensuite au firmanent des radios au son pop-rock de merde qui tartinaient inlassablement les mêmes dix titres du groupe pendant presque trois décennies jusqu'à notre propre écoeurement, alors qu'il existe des dizaines d'autres chansons du dix groupes qui sont également dignes d'égayer les ondes de notre modulation de fréquences... Quand j'écoutais Police et quand j'ai découvert Synchronicity, c'était déjà presque la fin du groupe (je ne tiens bien évidemment pas compte de cette infâme tournée des stades qui eut lieu 25 ans après leur ultime Synchronicity Tour en 1983-84. Passons. The Police eut une carrière glorieuse mais fulgurante (77-84), produisit 5 albums studio et garnit tous ses 45T (on appellait pas ça des singles encore) de petites pépites charmantes ou croustillantes en face B. Des sortes de titres bâtards ou fond de tiroir comme on les susnomme. De mignons succédanés du groupe sous forme de petites sucreries coquines à sucer comme une barbe à papa. Murders by numbers fait partie de ces petits chamallows agréables. D'abord édité en face B du quarante-cinq tours de l'illustre Every Breath you take, la chanson eut une seconde chance en figurant sur l'impression de l'album Synchronicity en cd alors qu'elle ne figurait point sur la galette originale. Pourquoi je vous raconte cette chose infiniment chiante ? Parce que c'est un titre léger, voire comique, limite auto-dérision (une mélodie entrainante qui parle d'un tueur en série un peu esthète) que j'aime bien. Un truc frais qu'on a plaisir à réentendre, pas comme les tubes du groupe assénés comme des suppositoires par des radios écoutées par les commerciaux et les garçons-coiffeurs : Europe 2, RMC, RTL 2, le son pop-rock quoi... One two three...
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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 10:22

Jamais d'autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes

 

En dépit des mutilations d'arbre à la tombée de la nuit

 

Jamais d'autre que toi ne poursuivra son chemin qui est le mien

 

Plus tu t'éloignes et plus ton ombre s'agrandit

 

Jamais d'autre que toi ne saluera la mer à l'aube quand fatigué d'errer moi sorti des forêts ténébreuses et des buissons d'orties je marcherai vers l'écume

 

Jamais d'autre que toi ne posera sa main sur mon front et mes yeux

 

Jamais d'autre que toi et je nie le mensonge et l'infidélité

 

Ce navire à l'ancre tu peux couper sa corde

 

Jamais d'autre que toi

 

L'aigle prisonnier dans une cage ronge lentement les barreaux de cuivre vert-de-grisés

 

Quelle évasion !

 

C'est le dimanche marqué par le chant des rossignols dans les bois d'un vert tendre l'ennui des petites filles en présence d'une cage où s'agite un serin tandis que dans la rue solitaire le soleil lentement déplace sa ligne mince sur le trottoir chaud

 

Nous passerons d'autres lignes

 

Jamais jamais d'autre que toi

 

Et moi seul seul seul comme le lierre fané des jardins de banlieue seul comme le verre

 

Et toi jamais d'autre que toi

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