Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 mai 2011 3 04 /05 /mai /2011 08:40

Regarde-le, mais pas longtemps :

Un regard suffira, sois sûre,

Pour lui pardonner la blessure

Qui fit languir mes doux printemps.

Regarde-le, mais pas longtemps !

 

S'il parle, écoute un peu sa voix :

Je ne veux pas trop t'y contraindre ;

Je sais combien elle est à craindre,

Ne l'entendît-on qu'une fois :

S'il parle, écoute un peu sa voix !

 

Tais-toi, s'il demande à me voir.

J'ai pu fuir sa volage ivresse ;

Mais me cacher à sa tendresse,

Dieu n'en donne pas le pouvoir :

Tais-toi, s'il demande à me voir !

 

Si je l'accusais devant toi,

Appelle un moment son image ;

Avec le feu de son langage,

Défends-le par pitié pour moi,

Si je l'accusais devant toi !

 

Regarde-le - Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859)

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
3 mai 2011 2 03 /05 /mai /2011 08:29

Le singulier hommage du chroniqueur libanais Ziyad Makhoul à  Elizabeth Taylor, la superstar hollywoodienne décédée le 23 mars à Los Angeles.

 

Elizabeth Taylor est une salope. Une grande, une très grande salope. Une salope pure, une vraie. Une hiératique salope. La tsarine des salopes. De ces insensées salopes qui ont pour nom Jeanne d'Arc. Ou Simone de Beauvoir. Ou Jane Fonda. Ou Aung San Suu Kyi. Ou Catherine Deneuve. Ou Simone Veil. De ces sublimes salopes qui n'hésitent pas à s'en aller en guerre contre une injustice, contre une méchanceté, contre un diktat, une oppression. Contre les lois débiles et la bêtise des hommes. Contre le laid. A coups de scandales. A coups de cœurs. A coups de souffles coupés. Elizabeth Taylor est une salope. Belle par-delà tous les rêves pornos. Richard Burton savait. Tous savaient. Ces yeux ! Ses yeux. Mais pas qu'eux : quand elle sourit un peu, en retroussant les lèvres un peu, féline beaucoup, prête au sang, prête au carnage, les cardiaques meurent. Un peu. Elizabeth Taylor est une salope : à une ou deux exceptions près, elle jouait comme une cruche. Sauf que c'était pour elle que les caméras bandaient comme jamais. Même Katharine Hepburn, la Marie Curie des actrices, ne faisait pas le poids. Suddenly Last Summer (Soudain, l'été dernier) : tomber en amour. A vie. Tragiquement. La regarder, folle icône à pédés, le beau et friable Montgomery Clift à un bras, le macho queer Rock Hudson à l'autre et le renversant Jimmy Dean sur ses seins endiamantés, la Virginia Woolf-Taylor piétine une à une les discriminations, les lazzis, les quolibets, les petits fascismes du quotidien et rameute, "queenesque", agrippée à sa Sharon Stone comme d'autres à leur déambulateur, toutes celles et tous ceux qui préféraient bavasser plutôt que d'agir. Elizabeth Taylor est une salope. Son petit nez retroussé est un long-métrage à lui seul. Son indolence – sa dangereuse indolence : son cinéma et sa vie sont siamois. At seventeen : elle expliquait qu'elle ne voyait pas comment elle pouvait se concentrer sur ses études alors que Robert, le mari premier du nom, n'arrêtait pas de fourrer sa langue dans sa bouche. Elizabeth Taylor est une salope. Une Constitution, un Etat-nation, un temple. Une Libyenne, une Egyptienne, une Yéménite, une Syrienne, une Américaine, une Japonaise, une Amazon(ienn)e, une Terrienne. Voilà pourtant qu'elle s'en va. Voilà que son cœur, encore lui, son cœur tout doux, tout fou, tout blue, lâche. Richard et Michael sont happy. Monty, Jimmy, Rock et les autres aussi. Soit. Mais Elizabeth Taylor est une salope. Elles boivent du gin, elle et Greta Garbo. Reviens. Vite. Ici, c'est maintenant le désert : il n'y a plus de salope. Habibi ["Mon amour" en arabe].

 

5554669926 dc873c73bc

 

elizabeth taylor montgomery clift a place in the sun 1

 

ElizabethTaylor 1

 

Elizabeth Taylor themindslut

 

rvx-elizabeth-taylor

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 09:02

- Il m'a plaqué par texto.

- Le p'tit salopard !

- Qu'est ce que ça fait de moi ? Une femme qui aime les salopards ?

- Comme toutes les femmes ! Le salopard est spontané, il est imprévisible, il nous fait rire et, on arrive à tomber des nues quand il se montre tel qu'il est vraiment...

 

 

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 09:59

Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure,

Couché au doux abri d'un myrte et d'un cyprès,

Qui de leurs verts rameaux s'accolant près à près

Encourtinent la fleur qui mon chevet azure !

 

Oyant virer au fil d'un musicien murmure

Milles nymphes d'argent, qui de leurs flots secrets

Bebrouillent en riant les perles dans les prés,

Et font les diamants rouler à l'aventure.

 

Ce bosquet de verbrun qui cette onde obscurcit,

D'échos harmonieux et de chants retentit.

Ô séjour aimable ! ô repos précieux !

 

Ô giron, doux support au chef qui se tourmente !

Ô mes yeux bien heureux éclairés de ses yeux !

Heureux qui meurt ici et mourant ne lamente !

 

Je sens bannir ma peur et le mal que j'endure - Théodore Agrippa d' AUBIGNÉ (1552-1630)

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 08:45

Jean-Claude Romand, condamné le 2 juillet 1996 à la réclusion criminelle à perpétuité a tué en janvier 1993 son épouse, ses deux enfants, ses parents et son chien avant de manquer son suicide en mettant le feu à la maison familiale.

 

Faux médecin et faux chercheur à l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), Romand avait menti pendant 18 ans à ses amis et à toute sa famille. Il avait réussi à extorquer, en plusieurs fois, plus de 2,5 millions de francs à sa belle famille et à ses propres parents. C'est au moment où il allait être découvert par un créancier qu'il a commis ce quintuple crime.

 

Son enfance

Les Romand étaient issus d'une famille de forestiers jurassiens, établis depuis plusieurs générations dans le bourg de Clairvaux-les-Lacs. Un père droit, carré, travailleur et une mère fragile à qui il ne fallait causer aucun souci pour ne pas la rendre malade.

Jean-Claude Romand était un enfant unique sage, calme et sans histoire. Très bon élève, il avait un an d'avance et lisait beaucoup. Il grandit dans le silence, se confiant seulement à son chien et mentant aux adultes pour ne pas les inquiéter. Il fut ce garçon modèle que ses parents espéraient.

Interne au lycée de Lons-le-Saunier, c'était un adolescent solitaire, mauvais en sport et peu sociable. Il décrocha 16 au bac de philo dont le sujet était " La vérité existe-t-elle ? ".

 

Jean-Claude intégra en 1971 une classe préparatoire d'agronomie au lycée réputé du Parc à Lyon, pour préparer l'école des Eaux et forêts mais il abandonna au 1er trimestre. C'était son premier échec et son premier petit mensonge. N'ayant pas pu avouer son renoncement à ses parents, il leur dit qu'il ne se sentait pas assez solide du point de vue de la santé, alors que c'était sur un plan psychique que ça n'allait pas.

 

La faculté de médecine

Après le baccalauréat, Jean-Claude Romand fit médecine. Un jour - que son réveil n'ait pas sonné ou qu'il n'ait pas voulu l'entendre - il se lève trop tard pour se rendre à un examen de fin d'année.

 

Alors qu'il ne lui manquait que quelques points pour être admis, il ne va pas davantage à la session de septembre et proclame pourtant partout qu'il a réussi. C'est son premier gros mensonge. Trois semaines se sont écoulées entre le jour de l'examen et l'annonce de son résultat. Il pouvait encore avouer qu'il avait menti. Bien sûr, c'était difficile pour ce jeune homme sérieux à qui il devait coûter plus que tout de reconnaître une grosse bêtise. Romand ne revient pas sur son mensonge. Ses parents le croient couronné de succès. Il ne dément pas. Etrangement, aucun de ses camarades ne remarquera que son nom est absent des listes d'admission.

 

Jean-Claude se cloîtra dans son studio. Il y passa le premier trimestre, sans aller à la fac, sans voir personne. Il relit cinquante fois le même journal, mange du cassoulet froid, grossit de vingt kilos. Ce n'est que peu avant Noël (signe que Romand devait être peu populaire) qu'un copain, Luc, le découvre dans ses détritus. Romand commet alors son second mensonge: il annonce à son ami qu'il a un cancer.

 

Entre 1975 et 1986, Jean-Claude Romand se réinscrivit douze fois en seconde année de médecine. "J'étais moi-même étonné que ce soit possible", dira-t-il. Ce n'est qu'en 1986 lorsqu'une nouvelle chef de service découvre l'étudiant fantôme et lui demande des comptes qu'il disparaît. Jusque-là, il a bluffé ses amis en déployant la même énergie que s'il avait réellement étudié la médecine, se procurant les polycopiés, prêtant ses notes à ses camarades. Au total, il a bouclé un cycle complet d'études, au détail près qu'il ne passait pas les examens. Ces jours-là, il se présentait dans le hall d'entrée de la fac et à la sortie, comptant sur le stress des autres étudiants pour se faire oublier de tous.

 

Soi-disant reçu au concours de l'internat de Paris, il annonça à ses parents qu'il était nommé chargé de recherche à l'INSERM de Lyon, puis détaché avec le titre de maître de recherche auprès de l'OMS à Genève. 

 

Le père de famille

Son second mensonge, l'annonce de son cancer, a valu à Jean-Claude de s'attacher enfin la femme qui, jusqu'alors, se refusait obstinément à lui : Florence, une cousine éloignée, qu'il voyait parfois dans les fêtes de famille. Elle était à ses cotés à l'université de médecine puis ayant raté l'examen de 2e année, s'était rabattue sur la pharmacie.

Il avait choisi le lymphome, maladie capricieuse qui pouvait lui permettre d'alterner des périodes de rémission et surtout de rechute sans trop éveiller l'attention. Lorsqu'il était inquiet d'être démasqué, Romand court-circuitait toute question en se plaignant de douleurs épouvantables, suscitant la compassion.

Pendant leurs études, Jean-Claude et Florence avaient l'habitude de bachoter ensemble et de se soumettre mutuellement à des examens blancs. Elle lui faisait réviser ses questions d'internat et lui son programme de pharmacie.

Ils se sont mariés. Caroline est née le 14 mai 1985 et Antoine le 2 février 1987. Jean-Claude Romand ramène pour la naissance de ses enfants de magnifiques cadeaux "offerts" par ses patrons de l'OMS et de l'INSERM, qui par la suite n'ont pas oublié les anniversaires. Florence, sans les connaître, leur écrivait des lettres de remerciement qu'il se chargeait de transmettre.

La famille, incluant parents et beaux-parents, constituait le centre de sa vie. Jean-Claude Romand dit qu'il était un faux médecin mais un vrai mari et un vrai père, qu'il aimait de tout son cœur sa femme et ses enfants.

Sa femme, du moins au début de leur mariage, ne se doutait de rien, Jean-Claude était un homme " très cloisonné ", disait-elle. Sous ce prétexte si banal, il n'a jamais invité ses collègues de l'OMS à la maison. C'était ce qu'elle appelait le " côté ours " de son Jean-Claude: "Un de ces jours, je vais apprendre que mon mari est un espion de l'Est.".

 

 

Le chercheur de l'OMS

Comment Jean-Claude Romand se débrouillait-il pour camoufler qu'il n'était pas médecin? Il se refusait à soigner sa famille, comme beaucoup de vrais thérapeutes. Il ne soignait personne d'ailleurs puisqu'il s'était forgé une identité de chercheur.

Ceux qui le connaissaient peu auraient dit qu'il avait un poste important à l'OMS et voyageait beaucoup, ceux qui le connaissaient bien auraient ajouté que ses recherches portaient sur l'artériosclérose, qu'il donnait des cours à la Faculté de Dijon, qu'il avait des contacts avec de hauts responsables politiques comme Laurent Fabius - mais lui-même n'en parlait jamais et, si on évoquait devant lui ces relations flatteuses, en paraissait plutôt gêné. Il se dit également ami de Bernard Koucher et son cancer est soigné par le professeur Schwarzenberg.

Il avait aussi un tampon et des cartes de visite au nom du docteur Jean-Claude Romand, ancien interne des Hôpitaux de Paris.

Il entrait dans le bâtiment de l'OMS avec un badge de visiteur, circulait en habitué de la bibliothèque où il raflait tout ce qui était imprimé et gratuit. Sa maison débordait de paperasses portant l'en-tête de l'organisation. Il usait de tous les services qu'offre celle-ci - poste, banque, agence de voyages.

Toute épouse appelle son mari à son travail. Pour éviter que Florence ne le fasse, Jean-Claude Romand lui avait expliqué qu'il était inatteignable. Seul moyen pour elle de le joindre: contacter une boîte vocale sur laquelle elle devait laisser un chiffre de 1 à 9 selon le degré d'urgence de l'appel. Jean-Claude Romand, relié à un bip, se débrouillait alors pour la rappeler d'une cabine téléphonique dans la région où il errait.

A ses parents, il avait envoyé une carte postale représentant l'OMS et sur laquelle il avait dessiné une croix censée représenter son bureau. Sa belle-mère se rappelle qu'un dimanche où toute la famille était allée en Suisse, les enfants ont voulu voir le bureau de papa et il a consenti au détour. Ils se sont garés sur le parking, il a montré du doigt la fenêtre. L'histoire s'arrête là.

 

Puisqu'il se disait haut responsable, Jean-Claude Romand était forcément censé voyager beaucoup. Régulièrement, il annonçait à sa femme qu'il devait s'absenter. Mais son périple s'arrêtait à l'aéroport de Genève-Cointrin. Là, il se terrait quelques jours dans une chambre d'hôtel cloué devant sa télévision. Il étudiait le guide touristique du pays dans lequel il s'était prétendument rendu. Lorsque son "voyage" était terminé, il se rendait dans une des boutiques de l'aéroport, y achetait des cadeaux exotiques dont il couvrait sa famille. On lui faisait fête, il était fatigué à cause du décalage horaire. 



L'engrenage financier

L'édifice aurait pu tenir ainsi des années, s'il n'avait pas été question d'argent. Entretenu par ses parents qui lui avait acheté un studio à Lyon et une voiture, l'heure de vérité aurait dû sonner quand il est entré dans la vie active. Mais rien ne s'est passé, il a continué à puiser dans les comptes bancaires de ses parents sur lesquels il avait une procuration. Il considérait leur bien comme le sien et eux l'y encourageaient, ne s'étonnant pas de ces ponctions régulières opérées par un fils qui pourtant gagnait bien sa vie. En quittant Lyon, il a vendu le studio et a gardé l'argent.

Une fois à l'OMS , il a dit ou laissé entendre que son statut de fonctionnaire international lui ouvrait droit à des placements extrêmement avantageux dont il pouvait faire bénéficier sa famille. Jouissant d'une aura d'homme raisonnable, Romand convainquait alors sans peine son entourage de lui confier des économies à "placer" dans les banques suisses. Ses parents dans un premier temps, puis son oncle, son beau-père.

 

Ses principaux actionnaires n'ont jamais vu un document bancaire témoignant du dépôt du capital ou du cumul des intérêt mais avait une entière confiance en Jean-Claude, persuadés que leur argent travaillait tranquillement sur un compte en Suisse.

 

Les choses se sont gâtées le jour où son beau-père a voulu retirer une partie du capital. Quelques semaines après alors qu'il était seul chez lui avec Jean-Claude, cet homme a fait une chute mortelle dans l'escalier de sa maison. Sa culpabilité dans cet acccident n'a jamais pu être prouvée mais ce qui est sûr c'est que la mort de son beau-père a été pour lui providentielle. Non seulement il n'était plus question de toucher aux sommes placées en Suisse mais de plus sa belle-mère vendit sa maison devenue trop grande, lui confiant le produit de la vente

 

Il a par la suite, vendu un faux médicament à base de cellule fraîches d'embryons récupérés dans une clinique sur lequel il conduisait une prétendue recherche à l'OMS. Il a ainsi pu dépouiller tous ses proches de sommes qui lui ont permis de mener le train de vie d'un médecin de l'OMS: BMW, école privée, villa.

 

Mais au bout de sept ans de mariage et de dix-huit ans de mensonges, Romand a commencé d''avoir des découverts. Sa mégalomanie galopante l'a amené à inventer des menteries toujours plus grotesques, à dépenser toujours plus d'argent. A cette situation explosive s'est ajoutée une maîtresse qui, comme Florence autrefois, se refusait à lui. Sur la dernière semaine de sa vie, il semble de surcroît que l'épouse de l'imposteur ait soudainement exprimé certains doutes. L'a-t-elle interrogé? Voire même démasqué? Jean-Claude Romand ne s'en est jamais ouvert.   

 

La folie meurtrière

Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand est venu déjeuner chez ses parents. Après le repas, Jean-Claude a parlé d'une fuite dans une chambre du haut. Son père s'est penché vers la tuyauterie et le fils l'a abattu d'une balle de 22 long rifle dans le dos. Puis il a appelé sa mère. Elle est montée. Avant qu'il ne tire à nouveau, elle a eu le temps de lui demander: "Jean-Claude, qu'est-ce qu'il t'arrive?".

 

Quelques heures plus tôt, il avait abattu sa femme puis ses deux enfants après leur avoir proposé de regarder une cassette des "Trois petits cochons" dans leur villa de Prévessin à quelques kilomètres de Genève.

Après avoir tué tous ses proches - parce qu'il ne pouvait supporter leur regard - Jean-Claude Romand a mis le feu à sa maison puis a avalé des barbituriques. Mais ceux-ci étaient périmés. C'est ainsi que le faux médecin a échappé à la mort. A compter de cette date, il s'est dit "condamné à vivre".

Source : E. Carrère, L'adversaire, ed POL, 2000



Le procès

Ain, Bourg-en-Bresse - 25 juin - 02 juillet 1996

 

C'est le procès d'une double-vie, qui s'est ouvert à Bourg-en-Bresse. Pendant plus de 15 ans, Jean-Claude Romand s'est inventé une carrière de médecin. Il a dû répondre d'un quintuple assassinat.

La cour d'assises de l'Ain l'a condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans.

L'avocat général Jean-Olivier Viout avait requis cette peine contre Jean-Claude Romand, coupable de " crimes commis en pleine connaissance de cause pour le mobile le plus sordide, celui de l'argent ". Cette peine, il la souhaitait assortie d'une période de sûreté de 30 ans, mais il avait laissé " à la conscience " de la cour d'assises le soin de la réduire, si elle estimait devoir tenir compte de la personnalité " narcissique " de Jean-Claude Romand.

 

Pendant les quatre heures d'un réquisitoire impitoyable et tout au long des explications de ses deux défenseurs, l'accusé est restré prostré sur son banc. Il ne s'est relevé qu'à l'issue des débats pour " demander pardon ", un pardon dont son beau-frère lui avait dit la veille à la barre que sa famille ne pouvait lui accorder.

 

De sa voix posée et basse, l'accusé a affirmé " vouloir assumer le jugement et le châtiment ". Aux parties civiles, il a dit que " leur souffrance l'habitait nuit et jour ", tandis qu'à ses morts, " Flo, Caro,Titou, mon papa, ma maman ", il a demandé " pardon d'avoir brisé leurs vies " et " de ne jamais avoir pu dire la vérité ".

 

L'émission Faites entrer l'accusé consacrée à cette affaire : http://lookiz.com/series/FaitesEntrerLAccuse/5q51682ftb

 

 

Une adaptation au cinéma : 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 08:42

Quand j'aurai bien souffert de mon âme muette

Qui contenait le rythme et les rayons humains,

Sans l'avoir jamais vue, en des planches secrètes,

Des hommes la cloueront, ironique destin !

 

Car ce que j'ai chanté n'est encor que silence,

Et mon coeur et mes yeux, mon élan contenu,

À travers la torpeur de la matière immense,

Sombreront sans un mot, à jamais inconnus.

 

Quand le fier mouvement sera le froid rigide,

Quand les beaux yeux pleins d'univers seront creusés,

Quand la danse des pieds, quand le baiser humide

Seront le sec, l'immobile, le décharné,

 

C'est cela, c'est cela, ô ma pure lumière,

Lumière interne, ô ma musique des confins,

Quand il faudra que, citadin au cimetière,

Ton pauvre coeur pourrisse avec tes jeunes mains !

 

Quand le plaisir a fui de la bouche muette,

Le sourire ignoré ne vit que sur le front,

Lumière de l'esprit et de l'âme secrète,

Appel mystérieux de l'aurore aux rayons...

 

Destin - Cécile SAUVAGE (1883-1927)

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 08:42

Bob Harris, acteur américain prenant de l'âge et à la carrière instable, arrive à Tōkyō, au Japon, afin d’y tourner une publicité pour un whisky de la marque Suntory, contrat qu'il a accepté en partie pour l'argent et en partie pour fuir son épouse. Incapable de s’adapter au décalage horaire et à la situation présente, il passe le plus clair de son temps dans l'hôtel de luxe où il réside, gratte-ciel dominant la ville. Pendant ce temps, Charlotte, une jeune femme récemment diplômée de l'université venue à Tōkyō afin d’y accompagner John, son mari, un photographe de célébrités, s’ennuie et se sent seule, incertaine à propos de son avenir et de ses sentiments envers l'homme qu'elle a épousé.

 

Peu après leur arrivée, Bob et Charlotte, qui souffrent tous deux d'insomnie, se rencontrent dans l'hôtel et commencent à sympathiser. Après plusieurs brèves rencontres, Charlotte invite Bob à une soirée avec des amis japonais et les liens entre eux deux se resserrent, liens amplifiés par le choc des cultures qu'ils ressentent tous deux et l'isolement dont ils souffrent.

 

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

Lost in Translation (2004)

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 08:27

Romy a 26 ans, Serge Reggiani 42 ans, ce sont les acteurs qu'a choisi Clouzot en 1964 pour interpréter un couple de modestes hôteliers de province, Odette et Marcel, dans "L'Enfer", un projet de départ d'un film plutôt intimiste... La Columbia étant intervenue pour accorder un budget illimité à Clouzot, la préparation de ce film, qui devait raconter la folie de Marcel Prieur, victime d'une jalousie pathologique à l'encontre de son épouse Odette trop jolie qu'il souçonne à tort d'infidélité, va sombrer lui-même dans un délire d'expérimentations...

 

Luxueusement installé dans une suite du Georges V, Clouzot pique l'attention d'un de ses anciens collaborateurs qui l'avait connu plus modeste à travailler ses projets dans un simple bureau. Trois semaines d'essais délirants sont ensuite organisés avec pas moins trois équipes de film sur le qui vive mais, en fait, seule une équipe du film travaille, Clouzot ne s'occupant pas des deux autres. Les acteurs comme les équipes techniques sont malmenés, au bout de deux semaines, Reggiani, exaspéré (il l'appelle "La Clouze"), claque la porte. Chabrol reprendra en 1994 le scénario de "L'Enfer" pour livrer un film plutôt classique, on s'en rend compte d'autant mieux qu'on a vu les images des essais de Clouzot : 185 bobines bloquées juridiquement dans le placard d'un assureur pendant près d'un demi-siècle, 15 heures d'images...

 

Inès Clouzot, la dernière épouse du réalisateur qui avait toujours refusé de donner son feu vert, coincée par hasard dans un ascenseur avec Serge Bromberg, finit par dire oui, ce dernier rachète les droits. Si le son a disparu, des images sidérantes de beauté et d'inventivité demeurent... A l'époque du tournage, Clouzot sort d'une dépression nerveuse consécutive à la mort de son épouse Vera (actrice brésilienne qu'on voit notamment dans "Les Diaboliques"), il vient de se remarier. Ce n'est pas d"hier que Clouzot a la réputation d'être impitoyable avec ses acteurs, de Bardot dans "La Vérité, on a dit à l'époque qu'il lui arrivait de la giffler pour la faire jouer convenablement.

 

Clouzot avait l'ambition de révolutionner le cinéma en utilisant notamment pour la forme la cinétique, des oeuvres comme celles de Vasarely, des images sériales comme ce visage de Romy décliné à l'infini sur tout l'écran, des images déformées, distordues (le regard de Reggiani, par exemple) un peu comme "Les Montres molles" de Dali. Sur le fond, il semble que le projet avait l'objectif de pénétrer en caméra subjective le cerveau malade de Marcel Prieur en proie au démon de la jalousie et aux hallucinations : pour une scène où Odette fait du ski nautique avec son supposé amant, un bellâtre du village, Marcel "voit rouge" et Clouzot colorie l'eau en rouge, ce qui implique que sans effets spéciaux, les acteurs doivent être maquillés en bleu/vert (travail d'un célèbre maquilleur de l'époque Michel Deruelle). On voit donc sur ces images retrouvées les lèvres bleu/mauve de Romy Schneider et Dany Carrel, interprète de la meilleure amie qui a une mauvaise influence sur Odette. A priori, les scènes des crises de jalousie sont filmées en couleur et les scènes de la vie quotidienne en noir et blanc. D'autres hybrides, le visage de Romy recouvert d'une sorte d'huile pailletée fumant, lascive, la tête renversée, d'une indescriptible sensualité... Romy attachée nue sur les rails quand arrive le train pour la broyer, jamais l'actrice n'a été aussi belle, aussi érotiquement filmée, les fans vont halluciner comme Marcel!!! Car, à l'époque, Romy n'a pas encore pris le virage de "La ¨Piscine" (1968)  pour devenir une des plus grandes actrice françaises, elle est surtout connue pour la série des "Sissi". Dans les essais de costumes, elle fait preuve d'une bonne humeur étonnante, souriante, jeune, le regard pétillant, joyeux, contrairement aux extraits des essais qui donnent l'image d'une femme fatale.

 

Clouzot, connu jusqu'alors pour un cinéma parfait mais classique (il vient de tourner "La Vérité" 4 ans auparavant), était un génial précurseur ayant été tenté de filmer l'infilmable : à la difficulté de filmer les sensations, les hallucinations,  les névroses, voulant aller encore au delà, le réalisateur s'est heurté à l'impossibilité de la représentation de la paranoïa, de la folie envisagées de l'intérieur de la psyché d'un personnage en proie à un délire hallucinatoire, un projet incroyablement novateur et moderne. Mais aussi un projet mégalomane de "création absolue" aliénant, l'arrêt cardiaque fatal signant la fin des essais  de "L'Enfer" ayant peut-être sauvé le réalisateur de la folie...

  

Dans ce film enquête sur un tournage maudit qui a tourné au drame, stoppé au bout de trois semaines, Clouzot victime d'un infarctus, les réalisateurs de ce documentaire, Serge Bromberg et Ruxandra Medrea, ont convoqué deux acteurs contemporains : Bérénice Bejo et Jacques Gamblin (parfait en jaloux pathologique) pour lire des passages du scénario écrit par Clouzot, ça fonctionne mais ça rationnalise un film fantasmé, fou, cassant l'ambiance des images retrouvées, on aurait préféré demeuré immergé dans ce voyage en 1964 entrecoupé de témoignages des acteurs de l'époque (ceux qui sont encore en vie), Costa-Gavras, alors assistant à la réalisation ou Catherine Allegret dont c'était le premier rôle. En 1968, Clouzot tournera son dernier film "La Prisonnière" avec Laurent Terzieff et Elisabeth Wienner, un mélodrame érotique où il reprend visuellement certaines des expérimentations de "L'Enfer" (en adéquation ici avec l'esthétique de la fin des années 60), incompris, le film est démoli par la critique.

 

l-enfer-de-henry-georges-clouzot-4058217deluc 1713

big-200 3 L-Enfer-d-Henri-Georges-Clouzot
rosemarie-magdalena-albach-retty-schneider-romy-23-09-1938-
new romy2
M4168
lenfer-clouzot-romy-schneider
00023e2e
091110-lenfer-dhenrigeorges-clouzot aspx ss image Romy roug
2uyj4v10
146239-4-l-enfer-d-henri-georges-clouzot
19196221
19196222 jpg-r 760 x-f jpg-q x-20091109 050641
arton8532-3b41b
big-200 1 L-Enfer-d-Henri-Georges-Clouzot
enferdehenrigeorgesc 03
lenfer-clouzot-romy-schneider-photo7
L-Enfer-d-HG-Clouzot2 
L’Enfer  / Inferno  - Romy Schneider (Henri-Georges Clouzot, 1964/2009)
Romy Schneider - L’enfer d’Henri-Georges Clouzot

L’Enfer  / Inferno  - Romy Schneider (Henri-Georges Clouzot, 1964/2009) 

L’Enfer  / Inferno  - Romy Schneider (Henri-Georges Clouzot, 1964/2009)

L’Enfer  / Inferno  - Romy Schneider (Henri-Georges Clouzot, 1964/2009) 

 

 

 

1121328467
 
"Va te faire foutre, vieille pouffiasse, oiseau de nuit, épouvantail de nuit, cauchemar de nuit, rappel de ma bêtise, monument de ma niaiserie, ordure de mes souvenirs, urine puante de ma jeunesse."  Milan Kundera
Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 08:08

Je suis née au milieu du jour,

La chair tremblante et l'âme pure,

Mais ni l'homme ni la nature

N'ont entendu mon chant d'amour.

 

Depuis, je marche solitaire,

Pareille à ce ruisseau qui fuit

Rêveusement dans les fougères

Et mon coeur s'éloigne sans bruit.

 

Je suis née au milieu du jour - Cécile SAUVAGE (1883-1927)

 

 

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article
25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 08:55
Très récemment une amie lointaine et très proche à la fois me vantait les mérites ostentatoires, les joies subliminales, et les attributs tout particuliers du camping. La liberté de se poser où notre route nous amène, l'osmose avec la nature, le contact avec les éléments, la simplicité des repas sur l'herbe, le plaisir de la boite de conserve ou de la purée pousse-mousse. Un certain retour aux sources, un côté écolo, une baba-coolitude en parfaite opposition avec le consommateur effrené que je suis d'hôtels étoilés. Il est tellement plus sympa de dormir sous les étoiles... surtout les soirs de pluie lorsqu'on les voit plus et qu'on profite allégrement du clapotis précis et dense des gouttes d'eau sur la toile de tente Quechua prêtée par tante Quetsche Eva. Vous vous souviendrez longtemps de votre tente Quechua, de ces nuits où tout échoua. Aaah, le camping en tente, le soleil qui tape dessus le matin et tu te réveilles en sueur. L'attaque des moustiques, des puces, des punaises, des fourmis, des araignées. L'odeur des chausettes qui puent, les affaires trempées, l'humidité chronique du plastique. La rosée du matin, les bosses dans le dos, le matelas pourri. Le partage des ronflements de l'autre mais aussi des bruits de la fôret, du chant des cigales et des coqs de bruyère. Les banquettes de camping-car acheté une fortune qui se trouve être d'un confort d'infortune. De ces nuits blanches dont on regrette justement de ne pas être fortuné et de s'être payé l'hôtel d'à côté. Et bien évidemment, je ne vous parle pas des joies du camping en communauté, des réalisateurs de renom en ont déjà fait des chefs d'oeuvre qui sont entré dans l'histoire de la cinématographie mondiale, faisant la joie des bases couches populaires de notre Hexagone qui ne se rendaient pas compte alors qu'on se foutait de leur gueule, faut dire qu'ils l'avaient bien cherché. Une campagne publicitaire agressive a même séduit une nouvelle jeunesse qui se rue sur tous les campings des flots bleus existants: "Viens au camping, c'est là que ça pine". Grace à ce simple slogan, toute une jeunesse en mal d'émoi sexuel s'est laissé berner sans même réalisé un audit ou une étude de marché afin de vérifier la veracité de cette vérité crue. Ô camping, ô désespoir, ne sois pas trop triste, c'est bientôt l'heure du Ricard. Spéciale dédicace à toutes mes campeuses, mes allumeuses, mes prétrôleuses, je vous M...
 
P.S. Oui, il faut bien admettre que la campeuse peut avoir du charme et du sex-appeal. D'ailleurs, la campeuse est selon moi, le SEUL argument valable pour aller faire du camping, je n'en vois pas d'autres. Oui, mon adolescence a été marqué par le fantasme à jamais inasouvi de la campeuse suédoise, de l'auto-stoppeuse danoise ou de la routarde norvégienne. Et oui, l'idée de se faire tripoter (et vice et versa) dans une tente est, de toute manière, une idée qui plait à l'homo erectus. (De toute façon, à part du moment où il y a tripotage, l'homme moderne est capable d'accepter des concessions énormes sur ses principes et son confort habituellement requis. Oui, à partir du moment où l'appel de chair prend le dessus sur le cérébral, que l'homme redevient un phacochère en rut, la tanière importe peu. "Peu importe la couche, tant qu'on a l'allégresse" nous rappelait David Crockett, un campeur notoire...)

2771102313_16e5e7917b_o.jpg
CARTAPROVA
Addicted-to-camping-t-shirt

Repost 0
Published by jaidurevertropfort.over-blog.com - dans fuck
commenter cet article

Présentation

  • : Sans blog !?!
  • Sans blog !?!
  • : Une quintessence de futilité ambiante avec des reminiscences variables de secousses telluriques, atmosphériques, éthyliques...
  • Contact

Recherche

Liens